Theo Kerg 1909 - 1993
Presse, The Press, Pressestimmen
Amis et critiques d'Art - Freunde und Kunstkritiker
Cailler - Biographie
de Theo Kerg
1909: Théo Kerg est né au Luxembourg d'une famille
venue jadis de France. Après avoir terminé ses études
dans un lycée moderne, Théo Kerg émet le désir
de se vouer à la peinture et d'entrer à l'Ecole des
Beaux-Arts de Paris. Son père, malgré ses propres
dons artistiques, dons qu'il avait eu le loisir de manifester comme
instituteur et organiste, s'y oppose formellement.
1929: Guidé par sa foi, soutenu par une mère intelligente
et sensible à l'art, Théo Kerg part pour Paris en
1929. Afin de compléter les subsides bien modestes que lui
adresse sa mère, il devient fort des Halles la nuit. Le
matin, il copie au Louvre ou suit les cours de dessin, d'architecture,
de sculpture et de peinture à l'Ecole des Beaux-Arts. L'après-midi,
il étudie à la Sorbonne et à l'Institut d'art
et d'archéologie.
1932: Fin 1932 il passe quelques semaines à Munich pour
aller rejoindre ensuite Paul Klee à l'Académie de
Dusseldorf. Contact de courte durée, car à l'avènement
d'Hitler, tous deux sont chassés d'Allemagne. Contact assez
long cependant avec l'esprit de Klee et celui du Bauhaus pour être
une révélation et la cause d'un changement profond
de sa conception artistique.
1933: Par amour pour sa mère, qui désire qu'il soit
professeur au Luxembourg, il rentre dans ce pays et parvint à réformer
l'enseignement de l'art en propageant des idées nouvelles
et des méthodes vivantes. Mais, il ne rencontre que réticence
et sarcasme.
1934: En 1934 il se lie avec le groupe international Abstraction-Création,
expose avec lui et écrit sur l'art abstrait. Les premières
peintures abstraites qu'il expose au Luxembourg provoquent la raillerie
et l'hostilité. On va même jusqu'à les lacérer.
Ayant dû quitter l'enseignement, il se tourne vers la publicité pour
pouvoir vivre et crée l'affiche artistique. Puis, il retourne à Paris
poursuivre ses études en Sorbonne et préparer une
thèse que la guerre l'empêchera de présenter.
1937: En 1937 le Gouvernement luxembourgeois le prie de revenir
dans l'enseignement. Théo Kerg y reste jusqu'en 1942.
1942: En signe de protestation contre l'occupant il donne sa démission
et se retire à la campagne pour cultiver la terre. La guerre
passe sur cette région, détruit sa maison, son ouvre
qu'il avait pu cacher et tout ce qu'il possède.
1946: Ruiné, plus pauvre que jamais, il prend un visa pour
aller refaire sa situation en Amérique. Mais avant, il veut,
comme jadis Ravel, passer quatre jours à Paris pour visiter
les expositions et les musées. Paris, pauvre et meurtri
comme lui, le retient malgré des difficultés innombrables.
Paul Eluard lui confie l'illustration d'un livre au titre symbolique Dignes
de Vivre . Les privations finissent pourtant par avoir raison
de ses forces et la famille de l'éditeur de Dignes de
Vivre le recueille, épuisé, en Suisse.
1947: Lentement, il reprend des forces et se remet au travail.
En hommage à cette famille hospitalière et à la
Suisse, il compose 30 lithos sur Bâle, Berne, Fribourg, et,
en hommage à Paris, il dessine 10 autres lithos. Ces gravures,
qui sont pour lui une crise de conscience, rallient tous les suffrages
et lors de son exposition, la veille de Noël 1947 à la
Galerie Bellechasse, la critique le couvre d'éloges avec
en tête le très écouté P. B. du Journal
de Genève . Son préfacier Gaston Diehl, l'actuel
biographe de Matisse, écrit dans la Gazelle des Lettres : "Ces
quatre albums situent au mieux la qualité d'un art qui sait être
descriptif, puissamment évocateur, sans rien sacrifier des
nécessités plastiques. Chaque cité est définie
jusque dans son caractère le plus intime par ces portraits
qui, sous les aspects les plus quotidiens, les révèlent
selon leur majestueux rythme ancestral. Par ses valeurs de blanc
et de noir rigoureusement orchestrés, Théo Kerg parvient à donner à la
lithographie une monumentalité étonnante, une sobre
ordonnance qui tient compte cependant des moindres détails
expressifs".
1948: Toutes les qualités relevées d'emblée
par la critique vigilante dans ces premières étampes
: volonté de style, sens des valeurs plastiques, subtilité,
monumentalité, richesse, recherche d'une synthèse,
devaient se confirmer et s'affirmer non seulement dans les 10 lithos
dessinées en 1948 au Cimetière Marin de Paul Valéry
et présentées pour la première fois en avril
1948 à la Galerie Bellechasse lors de l'exposition des dessins
de Paul Valéry, mais aussi dans sa peinture. En effet, encouragé par
les hommes les plus qualifiés, ayant gagné assez
d'argent pour pouvoir s'acheter couleurs, pinceaux et toiles, Théo
Kerg se remet à peindre en 1948.
1949: En avril 1949 la Galerie Bellechasse organise sa première
exposition de peinture conçues au bord de la mer, en Bretagne
et à Collioure. On peut appeler cette exposition " Genèse
d'une ouvre ", car on y rencontre, à côté de
toiles achevées, des esquisses, des dessins, des études.
De nouveau, la critique salue chaleureusement sa recherche d'une
synthèse des grandes aventures de la peinture de ce demi-siècle,
synthèse basée sur la couleur pure, la construction
et le signe éternel de l'abstraction.
1950: Après un séjour à Douarnenez (Finistère),
Théo Kerg présente en avril-mai sa deuxième
exposition de peintures à la Galerie Bellechasse. En dehors
de B.-C. Conlan, René Domergue, Maximilien Gauthier, J.
Lassaigne, J.-A. Martinie, nombreux sont les critiques qui analysent
l'ouvre de Théo Kerg et essaient de faire le point pour
savoir le cataloguer. En novembre 1950, Théo Kerg part avec
deux caisses de tableaux pour le Danemark. Inconnu à son
arrivée, il remporte, une semaine plus tard, un véritable
succès. Tous les journaux lui consacrent des articles, multiplient
les reportages illustrés. De nombreuses publications l'interviewent.
1951: Après Aarhus, Copenhague l'accueille et le fête
en février 1951. En rentrant à Paris, après
quatre mois d'absence, il constate que les jeunes viennent à lui.
Le dictionnaire Benezit publie une analyse de son ouvre. J. Busse
fait dans "Le Peintre" un portrait pertinent de Théo
Kerg. E. Fabre attire l'attention sur "un nom nouveau" dans
le "Journal de Genève" lors d'une présentation
de quelques ouvres à la Librairie 73 du boulevard Saint-Michel
en avril-mai 1951. Pendant la même époque s'ouvre
sa première exposition à Amsterdam. Le Musée
de la Ville, un des plus modernes et des plus actifs en Europe,
acquiert une de ses ouvres. Encore couvert des frais lauriers hollandais
et, avant de faire ses débuts en Italie, c'est le courageux
et perspicace conservateur des musées et monuments d'Arles
qui lui ouvre les portes du Musée Réattu en présentant
son exposition particulière. Dans son communiqué à la
presse, J. Latour dit: "Succédant à la très
importante exposition Van Gogh et à l'exposition de la Tapisserie
moderne, l'Exposition de Théo Kerg est un événement
pour le musée et pour Arles, car c'est un premier contact
de cette ville avec un des jeunes représentants les plus
qualifiés de l'École de, Paris d'après-guerre".
D'Arles, Théo Kerg part pour l'Italie, où il fait
sa première exposition à Milan. Mais en passant par
Gênes, où il participe à la Biennale de la
Mer, il apprend qu'un jury international lui a décerné le
premier Prix de la Biennale (section bianco e nero). En rentrant à Paris
de ce premier tour d'Europe, Théo Kerg fait à la
Galerie Drouant-David en février-mars 1952 sa plus importante
exposition. Le directeur de la Galerie Georges de Braux, de Philadelphie
visite cette manifestation et l'invite à exposer. Exactement
le même jour où s'ouvre cette première exposition
des peintures de Théo Kerg en Amérique du Nord, on
inaugure, à Paris, dans la nouvelle Galerie Craven. sa première
exposition de gouaches qui remporte un tel succès, qu'en
quelques jours, les deux tiers des ouvres sont vendus.
1953: Cinq mois plus tard, Théo Kerg fait sa première
exposition en Belgique à Het Atelier, à Anvers. La
même exposition se répète, un mois plus tard, à Bruxelles, à la
Galerie Artis. A la fin de cette année, Théo Kerg
a la chance de découvrir l'atelier d'un photographe. Maintenant,
il va pouvoir aborder des toiles de dimensions plus importantes
et des cartons de tapisserie qu'on lui demande depuis longtemps.
Qui dirait que, pendant six ans, Théo Kerg ait ouvré,
créé, cuisiné, dormi au milieu de ses toiles,
de ses couleurs, cadres, documents, dans une chambre minuscule,
si minuscule, qu'il était obligé de passer ses toiles
par la fenêtre et d'aller peindre ses grands formats chez
des amis.
1954: En janvier 1954, la Galerie Parnass à Wuppertal organise
sa première exposition en Allemagne, où les articles
de son collectionneur le professeur H. Hahne, ont frayé dans
le Frankfurter Allgemeine Zeitung le chemin, un chemin
qui mène vers les meilleurs musées allemands. Pendant
qu'il travaille à Aubusson à ses premiers cartons
de tapisserie, la Galerie Bellechasse fait une exposition importante
de ses toiles en juin de cette année. Si, jusqu'ici, les
bleus inimitables ont prévalu dans son ouvre à tel
point qu'on l'appelle le maître du bleu, l'exposition de
juin 1954 est caractérisée par un élargissement
de son registre et par la preuve qu'il n'ignore rien des autres
couleurs. Lorsqu'en été il revient en Suisse, il
expose dans les galeries La Vieille Fontaine, à Lausanne,
la Claire Fontaine, à Delémont. C'est un retour symbolique à la
source, à ces belles fontaines qui ornent les villes suisses,
au bord desquelles il s'est reposé tant de fois en 1947,
lorsqu'il était au début d'un chemin qui s'avère
tous les jours plus prestigieux.
Vrinat - Théo Kerg: Compositions symphoniques
Dans sa réalisation, l'ouvre d'art est essentiellement
un phénomène individuel, dont toutes les composantes
sont sociales; l'artiste baigne dans un milieu qui lui fournit
toute la matière de sa vie même, mais au cours de
l'exécution il met en oeuvre des rapports nouveaux, transpose
des formes ou des accords suivant l'incitation de sa personnalité la
plus intime. Chacun des éléments qui se présentent à son
activité créatrice fait l'objet d'un jugement de
valeurs esthétique et la continuité d'un choix de
certaine nature, de certain ordre, constitue le style propre créateur
et fait la qualité de l'artiste.
Toute étude un peu générale sur l'art doit
donc comporter deux aspects essentiels: une époque, des
hommes. Il apparaît ainsi clairement que fixer l'image d'un
moment contemporain de l'art est une entreprise insensée
dans l'absolu, car d'une part le recul manque pour donner aux faits
leur véritable hiérarchie, d'autre part l'homme,
si bien connu puisse-t-il être, change sans cesse et rien
ne peut laisser prévoir avec certitude où le mèneront
ses pas futurs. Toutefois, jamais finies, ces études appliquées à un
seul artiste, à un groupe d'artistes choisis pour une raison
particulière, doivent aider à dégager le permanent
du changeant, tant dans l'art pris comme un tout que dans l'homme
considéré comme un être conscient doué d'une
personnalité. Jamais deux hommes ne sont entièrement
identiques au physique comme au moral et au mental, surtout l'expérience
de la vie a sur eux déposé ses multiples sédiments
; jamais, de même, les arts de deux hommes ne seront rigoureusement
les mêmes. Quelle que soit la précarité des
analyses portant sur un individu, la monographie se justifie donc
par ce jeu toujours nouveau de balancement en entre le personnel
et l'universel; à défaut de conclure par une extrapolation
dont tout nous démontre a priori la vanité, le seul
fait de participer à la connaissance du faisceau constitutif
de l'art à un moment donné confère à cette
entreprise une noblesse et une unité indiscutables.
Il est évident que la succession et l'articulation des
faits qui sont la vie même de tout individu dessinent une
courbe originale, de laquelle on peut interférer une structure
qui représentera fidèlement l'homme, tout au mois
dans son passé et présent, mais en outre comportera
les lignes de force qui se prolongeront dans l'avenir, sans qu'il
soit d'ailleurs possible d'en déterminer le destin avec
certitude. Deux points de vue s'affirment alors particulièrement
féconds en ces sujets: l'artiste situé dans le contexte
de l'art de son époque, l'ouvre considérée
en elle-même pour en dégager la nature profonde et
les lois de structure originale.
Notre temps semble présenter une multiplicité exceptionnelle
de directions d'art; il est indéniable que les formes apparentes
sont d'une extrême diversité ; mais à les bien
considérer, si tout le sens du mot " art " s'est élargi,
s'est même inversé par une lente évolution
depuis la Renaissance, son contenu le plus profond depuis les origines
de l'homme n'a pas varié: exercice de la liberté créatrice.
Pour cette raison, l'un des problèmes estimés capitaux
aujourd'hui, qui divise le monde des artistes comme celui des amateurs
ou des théoriciens, le problème de l'abstraction
et de la figuration, est en dernière analyse un faux problème;
ou plus exactement il ne se situe pas sur un plan essentiel de
l'art qui est celui de la qualité, il demeure sur le plan
individuel qui est celui du choix. Tout véritable artiste,
mis à part son engagement personnel pour des raisons de
structure spirituelle ou intellectuelle - la peinture est chose
mentale, disait Léonard -, recherche les mêmes valeurs éternelles
dans l'exercice de son art. Les variations d'une époque
sont donc à déceler dans les troubles relativement
superficiels qui affectent la vie de l'art.
C'est pourquoi, estimant justifiée en général
l'attention portée sur un artiste, et nous insisteront par
la suite sur une seconde justification, celle de la qualité,
nous situerons volontiers Théo Kerg par rapport au dilemme énoncé ci-dessus.
Tout le passé classique représente une somme d'expériences
et d'expérience qu'on ne peut ni doit annuler. L'art moderne,
d'avant-garde comme aiment à dire les inquiets, représente à son
tour un enrichissement de mille expériences, et d'une expérience
nouvelle qui s'ajoute à l'ancienne en profitant de ses structures.
Il est impossible de supprimer le passé qui fait partie
de nous et du présent. C'est parce qu'il existe que le présent
tente de dépasser. Dans le dialogue abstrait-figuratif Théo
Kerg a pris position: ni pour l'un ni pour l'autre, peut-être,
mais certainement pour l'un et l'autre à la fois. Il était
naturel qu'il fut tenté par une situation au-dessus des
partis: une connaissance approfondie de l'art passé, de
son histoire comme de ses techniques, une expérience directe
de l'art actuel acquise aux meilleures sources, lui sont permis
de juger en artiste, c'est-à-dire dans un esprit de réalisateurs
en puissance, que le devoir de l'art est le dépassement
incessant: dépassement et non forcément synthèse,
création nouvelle et non aménagement ou association
de deux matières, de deux styles. Le pont que l'artiste
tente de jeter entre les extrêmes n'est jamais, en son aboutissement
s'il est véritablement création, sur le même
plan qu'eux. Par rapport à la figuration, l'abstraction
représente une manière de voir nouvelle, de sentir,
elle a libéré des formes d'expression nouvelles de
la sensibilité. Elle a surtout remis l'accent sur les valeurs
strictement plastiques de la chose exécutée. Alors
que certains, installés dans l'abstraction, se laissent
aller à retrouver des formes ambiguës qu'ils affirment
avec passion mais peut-être peu de raison n'être pas
figuratives, alors que d'autres affirmant ne se séparer
jamais de la nature aboutissent à des évocations
infiniment moins décelables que les premiers, Théo
Kerg ne procède par aucune affirmation; certes, par besoin,
il demeure en contact avec la nature; il en tire impression, motif,
incitation; mais le sens plastique joint à la faculté poétique
le libère de tout complexe d'école ou de catégorie:
il fait ce qu'il fait - à chacun de le comprendre et de
le sentir selon ses capacités. A-t-il instauré un
nouveau langage de formes, de structures, d'accords, de tons ?
Il est bien difficile ici de ne pas jouer sur les mots: est-on
sûr, déjà, que l'art abstrait ou dit tel ait
réalisé cette opération ? Est-elle même
réalisable ? Ce qui compte, c'est la position de libération,
d'indépendance devant les deux voies trompeuses qu'on propose
actuellement comme les seules valables. N'oublions pas Théo
Kerg travailla avec Paul Klee, cet artiste qui resta peut-être
plus près de l'essence de la nature qu'aucun autre, et sur
lequel on fait régulièrement le contre-sens de le
qualifier d'abstrait. Qu'est-ce que cela signifie, sinon qu'il
est une voie différente des deux également admises
comme seules possibles et s'excluant mutuellement ?
Des acquisitions de l'une comme de l'autre, Théo Kerg ne
refuse rien; il rejette l'appauvrissement d'un engagement exclusif, à la
fois pour garder le droit de tout utiliser ce qui correspond à son
besoin de création, et pour garder aussi le droit de renoncer
sans contrainte à ce qu'il estime devoir élaguer.
Le renoncement de Théo Kerg se situe sur le plan personnel:
sachant qu'entre toutes les incitations et les possibilités
il lui faut choisir sous peine de rester un explorateur superficiel,
il a préféré s'engager dans l'approfondissement;
ce qui lui impose une limitation de ses possibilités dans
le sens de la recherche d'un langage personnel, d'un style propre
qui conduit à ce qu'on appelle le Style. Le travail ainsi
dirigé - rien en art ne s'épanouit sans l'intervention
d'un travail acharné de tous les instants - est simultanément
une rançon et un bienfait; il détermine l'ouvre ,
l'existence, dont la présence réelle élimine
ipso facto la possibilité de toute autre. Il se concrétise
par une succession, un enchaînement de faits qui une fois
posés n'admettent plus aucune discussion: la seule réponse
sera oui ou non. Il est bien évident que cette alternative
simple trouble ceux pour qui elle se pose en dehors de deux voies
connues; elle se représente cependant par rapport à elles
la progression.
Le résultat formel de ce travail est justiciable d'une
analyse et d'une classification; cependant il convient de ne rien
considérer comme absolu, et de se souvenir à chaque
instant que rien ne saurait prendre ni garder une valeur sans l'animation
d'une personnalité. Ce n'est pas commettre une faute de
méthode que de commencer par une vue générale,
même intuitive ou sentimentale, sur la nature et le contenu
de l'art que l'on se propose d'étudier ensuite.
Or, l'art de Théo Kerg se présente de prime abord
comme un art de plans et de rythme; en d'autres termes, et par
analogie, un art de poésie et de musique. Un artiste cultivé,
d'autre part, se manifeste par une sens précis de pousse
des valeurs, en même temps que le sens de la vie peut se
reconnaître mieux par la saveur chromatique sensible que
par le jeu des lignes ou des rythmes de surfaces. Tout cela est
clair dans l'ouvre de Théo Kerg. La peinture classique possède
certes un degré d'organisation rarement égalé;
les formes humaines, plus encore que celles de la nature-paysage,
contiennent en soi un style particulier, qu'elles soient interprétées
en volumes courbes, ou analysées en éléments à base
de droites et de plans. Ce sont elles qui, dans le processus de
perfectionnement suivi depuis les origines par la peinture, ont
dirigé les recherches vers l'imitation fidèle, le
clair-obscur, le trompe-l'oil, en passant par la création
de la perspective classique. Situer un détail de paysage
dans une vue d'ensemble, répartir des objets dans le cadre
du tableau, étaient des opérations possibles et vraisemblables à l'aide
de procédés empiriques anciens: juxtaposition de
registres, projection cylindrique, rabattement, etc.; les enluminures
du Moyen-Age en ont usé avec bonheur pour raconter des scènes
qui devaient avoir une valeur d'exemple, de signification spirituelle.
Lorsqu'on voulut leur donner une qualité d'imitation des
objets et surtout des figures, les tableaux durent accorder une
place prépondérante au groupe formé par ces
motifs, les dégageant par leur aspect de réalité du
décor qui ne faisait qu'en prolonger l'esprit. Ce fit l'ouvre
de la Renaissance. Par la suite, au cours des réactions
du XIXe et XXe siècle, l'être humain fut replacé sur
le même plan que la nature entière, prétexte
plastique: la recherche d'une puissance d'expression efficace et
spécifiquement picturale fit retrouver les procédés
anciens.
Le principal de ces procédés consiste à transposer
l'ensemble plastique en plans superposés, non plus articulés
en diverses directions; chacun peut posséder son organisation
intérieure propre, articulée de telle ou telle façon,
mais le jeu de la totalité s'effectue par les rapports de
surfaces, par les tons qui animent les transparences et les superpositions.
Les monde des valeurs ici prend la première place, car d'elles
dépend la structure de l'espace - car il y a toujours espace,
quoiqu'en prétendent les puristes du plan -. Les évocations
simultanées d'aspects différent du motif créent
alors un espace-temps qui ressortit à d'autres lois tant
géométriques que physiologiques. Il ne s'agit plus
d'une organisation de volumes qui doit être vraisemblable
dans l'hypothèse d'une représentation, mais d'une
suggestion qui dépasse le réel connu et perçu
pour créer une nouvelle connaissance plus intuitive et plus
universelle. Théo Kerg a parfaitement assimilé ces
nouvelles exigences, et rejetant toute systématisation des
moyens, a opté pour les nouvelles conquêtes de l'art
de peindre.
Une nouvelle qualité s'est relevée encore: le jeu
de la matière. Les anciens peu à peu l'avaient découvert
; entre les surfaces lissées des primitifs et les touches
contemporaines il y a un abîme. L'art moderne a insisté sur
ce moyen d'expression personnel, mais ce qui l'a développé au
maximum c'est le besoin de différencier les surfaces et
les plans par une qualité gustative, sensuelle qui pouvait
s'ajouter aux valeurs. Il y a autant besoin de sensibilité pour
organiser un tableau un matière que pour l'organiser en
valeurs ou en tons. Le sens délicat des rapports, des accords
et des contrastes reste le même en tous ces domaines, et
il est incontestable que la subtilité poétique et
musicale y trouve une correspondance. Dans ce domaine encore Théo
Kerg, qui pratiqua la lithographie, technique idéale d'expression
du noir et blanc à un sens quasi matériel des noirs,
est particulièrement à l'aise pour mettre en valeur
sa maîtrise et la juste délicatesse de sa conception.
Le jeu des plans superposés compose un rythme soutenu par
les tons et la matière, nous venons de le voir ; il compose
aussi, et ce n'est pas le moins important, un rythme dans le plan
même du tableau ; ce n'est plus un espace-temps, cela devient
une surface-temps; le rythme de juxtaposition des fragments de
plans tient là aussi des grandeurs : celles des surfaces.
Il devient alors inséparable de celui des lignes qui délimitent
ces surfaces, qui a certes sa vie propre, mais entre en combinaison
avec lui pour former un complexe d'un degré supérieur.
C'est ainsi que dans la série dite des "remmailleuses
de filets" nous trouvons très évident et simple
l'accord des plans superposés en transparence, juxtaposés
en surface, des lignes qui les limitent et celles qui évoquent
les femmes. L'utilisation d'un ton dominant avec de multiples variations
de valeurs ainsi qu'une discrète mise en ouvre de la matière
illustre à la perfection la nature et la qualité de
ce genre de recherche.
L'extériorisation du rythme par le graphisme, par le jeu
des lignes, est de tous les temps. Jadis, cependant ce rythme faisait
partie intégrante de la construction et de la composition
des figures ; les lignes existaient à l'état potentiel,
servant avant l'exécution définitive de l'ouvre à la
mise en place des volumes et de détails ; répétons
que, quel que soit le souci plastique, et il était très
grand, il s'habillait nécessairement d'un souci représentatif
et narratif. Comme l'écrivait Jean Paulhan à propose
de Braque, les anciens savaient aussi bien construire que les modernes
mais ils ne le criaient pas sur les toits. Par réaction
contre l'intérêt exagéré du public pour
le sujet, par révolte contre les mauvais peintres qui n'étaient
capables que de raconter quel qu'anecdote les artistes en vinrent à considérer
les qualités plastiques pour elles-mêmes, à limiter
moyens et réalisation à leur expression. Or, les
moyens purement plastiques ne sont pas en nombre infinis : ils
ne sont même que deux, à tout bien considérer,
la forme et la couleur. Et la forme ne fait au fond qu'un avec
la ligne. Si tant d'amateurs arriérés se plaignent
de la pauvreté de l'art moderne "uniquement fait de
formes et de couleurs" c'est qu'ils ne comprennent rien à l'art,
dans lequel ils cherchent la simple satisfaction de reconnaître
cérébralement ce qu'il représente, ce qui
rassure et les flatte. Dans la nature, à partir d'un nombre
extrêmement limité d'éléments simples,
de formes primordiales (ne pourrait-on dure la droite et la courbe,
la première étant que le cas particulier de la courbe
dont le rayon de courbure est infini) il y a sans doute un nombre
infini de combinaisons possibles, donc de formes, car il y a des
plages de variation continue, don d'infinité; il demeure
néanmoins que ces formes sont associées suivant les
lois de structure de cette nature. Rejetons - non les formes de
la nature en général - les associations de formes
spécifiques d'une structure naturelle, il reste toutes les
combinaisons possibles, c'est-à-dire une infinité d'un
ordre bien supérieur. C'est la richesse de l'art abstrait.
On conçoit par contre que la peintre figuratif soit avantagé:
il suit les lois de structure de la nature, peut certes les infléchir
plus ou moins, mais n'a pas à créer, à choisir
un ordre de structure différent : tandis que l'abstrait
se sent le vertige devant l'infinité des possibles sans
référence initiale pour sa création. C'est
pourquoi l'artiste d'aujourd'hui s'attache souvent à créer
un langage propre, une structure bien à lui, en approfondissant
un possible. Il y a là aucune contradiction avec les données
de l'art : le travail de recherche, de choix esthétique,
est toujours le même quelque soit le point de départ
de l'artiste. Dans le cas de Théo Kerg, les éléments
de départ sont d'une extrême simplicité et
au nombre de deux, le segment de droite, l'arc de cercle qui tourne
sa concavité vers ce segment. Ceci a l'avantage de donner
des combinaisons extrêmement souples suivant l'orientation
de ces éléments (le plus souvent verticaux), leur
association plus ou moins étroite (un seul signe ouvert
ou fermé, une juxtaposition des deux signes), l'ouverture
variable de l'angle de l'arc. L'arc de cercle se mue parfois, rarement,
en un angle, et le signe associé unique en un triangle.
Dans un autre sens se manifeste la forme tache: cercle ou rectangle
et leurs dérivés.
Ces éléments donnent leur forme aux plans évoqués
plus haut; ils se répartissent en rythme de juxtaposition
ou d'enchaînement, correspondant dans le domaine de la couleur
aux taches de sensation et aux taches de structure. Trois dispositions
rythmiques en découlent: rythme de lignes, de taches articulées,
de taches disposées. Nous l'avons déjà vu,
lignes et taches ont des points de contact esthétiques et
mentaux, se suggérant plus ou moins les unes les autres.
Un jeu très subtil les anime: le rectangle se déforme
légèrement, ses côtés prenant quelques
libertés avec l'angle droit ou le parallélisme aux
côtés du tableau; les signes se répètent
en variations de grandeur, d'orientation, de cohérence:
ils réalisent en quelque sorte une alliance des contraires,
la droite et la courbe, association dynamique qui garde plus de
vigueur que l'association courbe-contre-courbe des arts décadents.
Les lignes, matérialisées ou suggérées,
n'ont aucune tendance à se disposer selon les lois de la
perspective d'autrefois; la superposition de plans parallèles
leur donne une valeur et une fonction de grilles de répartition,
de régulation; il n'y a pas de faisceau de droites, l'absence
parfois de parallélisme n'a pas valeur de convergence, mais
seulement de contraste comme si l'on pouvait parler de droite et
contre-droite.
Sur tous ces éléments règne un rythme qu
on peut considérer comme dominant; il est en général à trois
temps; rarement cependant sont-ils tous forts, plus souvent il
y a deux forts et un faible, soit suivant le schéma FfF
soit FFf; plus rarement encore un fort deux faibles: Fff ou exceptionnellement
fFf. Cette conception très simple du rythme n'est ni simpliste
ni monotone: c'est que s'y ajoutent des harmoniques qui comme pour
les sons donnent des variations de timbre. La multiplicité des
rythmes secondaires, de même type que les dominants, fait
de chaque ouvre une véritable symphonie; il arrive qu'un
temps faible du rythme dominant soit valorisé par le redoublement
d'un secondaire. On imagine facilement - et on voit sur les tableaux
- quelle richesse et quelle souplesse peuvent en résulter,
et combien était juste notre première remarque sur
le caractère musical et poétique de cet art.
Ces remarques sont également valables pour le graphisme
et pour les surfaces. La grande liberté qui règne
dans leur emploi tient à une qualité qui peut-être
chez Théo Kerg est dominante: le sens de l'équilibre
~t des équivalences. Ses ouvres dans l'ensemble montrent
une densité uniforme; non qu'il néglige ou refuse
les accentuations, les centres plastiques, mais parce qu'il dispose
et dose ses valeurs avec une telle sûreté qu'aucun "trou",
aucune faiblesse ne se manifeste dans la répartition. Un
rythme à temps forts et faibles ne présuppose pas
que les temps faibles soient des "creux"; au contraire,
d'une manière ou d'une autre, il faut rattraper l'infériorité de
ce temps en ce qui concerne l'intensité de l'expression.
En effet, on peut qualifier de temps fort une partie du tableau
qui frappe l'attention au premier coup d'oil, comme partie essentielle
et significative de l'organisation de l'ensemble. C'est à l'aide
d'équivalences que se résout le problème des
temps; équivalences des éléments rythmiques
(rythmes secondaires ou autres, combinaison de rythmes de degrés
inférieurs), des éléments de plans et de surfaces,
des éléments graphiques (non seulement le graphisme
de structure distribuant des formes et des rythmes, mais encore
des détails qu'on pourrait dire décoratifs, hachures
par exemple, qui répondent à des valeurs de tons).
Jamais on observe de raideur, de mécanisation dans l'application
d'une formule. Il peut arriver que l'on se trouve en présence
d'une organisation à deux temps: FF ou Ff ; il s'agit alors
plus particulièrement de combinaisons de surfaces. Ce genre
de présentation donne sans doute plus d'autorité et
de densité; Théo Kerg ne tombe pas dans le piège
de la dureté ou de la monotonie; rien d'amorphe dans l'unité plus
dense de ce genre de structure. Il y a d'autre possibilités
que l'unité massive ou la symétrie inerte; au contraire,
l'artiste sait mettre en ouvre la symétrie dynamique, dans
tous les cas de rythme; son sens de l'équilibre s'associe à un
goût très sûr, à un amour raisonné des
contrastes, à une recherche de la mesure. Avec un rare bonheur
il réalise la synthèse des contraires, et avant tout
atteint l'intensité de l'expression sans jamais sacrifier à la
brutalité ou à la violence. Bien au contraire l'éclectisme
se manifeste par une sorte de recherche de charme, extrêmement
convaincant, qui agit par la justesse et la saveur des rapports
même lorsqu'à regarder de plus près on y découvre
des audaces.
Nous avons signalé que l'organisation par plans et taches
comporte souvent deux temps forts ou un fort un faible. Il est à remarquer
que les toiles ont la plupart du temps un système rythmique
valable dans les deux directions, correspondant davantage dans
le sens de la hauteur à une séparation de registres
suivant des projections successives du motif ou de ses diverses
parties. Ce qui, dans le cas d'une régulation graphique,
détermine une sorte de quadrillage accentuant la richesse
de multiples accords de tons. Il est intéressant aussi de
considérer la profondeur des plans successifs, frontaux,
qui s'articulent par la transparence en gammes chromatiques subtilement
composées. Cette diversité de profondeurs et de sensations,
d'aspects aussi, est perçue comme une unité dans
une première vision; cette unité apporte une aide
précieuse pour saisir globalement le tableau dans le cas
d'une juxtaposition graphique.
Ceci n'est toutefois pas toujours nécessaire; car au sens
de l'équilibre, à celui des accords, à celui
encore de la symétrie dynamique qui fait opposer dans le
rythme à deux temps une large surface à une beaucoup
plus réduite se recouvrant partiellement, Théo Kerg
joint celui du lien, soit par les lignes, soit par les plans. Dans
le sens de la hauteur, ce sont plutôt les éléments
graphiques qui jouent ce rôle; bien que ce ne soit pas absolu.
Dans le sens de la largeur, il est fréquent qu'intervienne
un ou plusieurs plans, tantôt par une ample surface allongée
sur et sous laquelle jouent d'autres fragments, tantôt par
une succession de superpositions et de transparences savamment
dosées. Bien entendu ces deux modes de liaison peuvent être
simultanés, se compléter. D'autant plus, répétons-le,
lignes et plans se définissent très souvent les uns
les autres. Nous voyons par contre une différence entre
le lien et l'articulation: le lien fait intervenir une forme ou
un propriété qui est mise en place pour cela -par
exemple une ligne cursive, une bande colorée de largeur
irrégulière; une même coloration dominant un
registre de la toile ou un accord déterminé sur une
région précise du tableau -; l'articulation rattache
les unes aux autres les parties adjacentes avec un caractère
de nécessité variable mais indispensable, et agit
dans un sens temporel autant que spatial. Dans le cas de transparence
et de superposition, l'articulation est beaucoup moins à rechercher
que lorsqu'il s'agit d'un développement sur un plan ou des
diverses parties d'une structure s'échelonnant en profondeur.
Chaque détail du tableau doit certes participer à son
unité; nous ne voulons pas pousser à l'absurde cette
analyse qui n'a de valeur que comme invitation à réfléchir
et à observer. L'unité, c'est l'accord des parties
entre elles, des parties avec le tout ; c'est aussi une qualité qui
transcende chacune des précédentes prise isolément.
Le lieu peut nous apparaître sous les aspects de juxtaposition
de signes ou de taches, dans l'évocation d'une atmosphère,
dans la prise de conscience d'une saveur pictural particulière.
Ainsi les éléments de voiles et de coques, rythmes
marins qu'affectionne Théo Kerg et qui correspondent à son
signe d'élection droite-courbe parfois évolué en
triangle, créent le lien suivant une dimension, alors que
dans l'autre est évoqué par la répétition
nuancée du susdit signe. Le lien doit être perçu
comme un tout immédiat, mais entraîner simultanément
la perception des principaux éléments du tableau
qui lui sont rattachés. Il est évident que les diverses
parties d'un rythme simple seront appréhendées d'un
seul coup (s'il en manquait une, l'esprit l'oil même la reconstitueraient
dans le même temps), et que les formes sur lesquelles elles
se reposent entreront par là-même dans la conscience,
bien qu'ayant dans la structure de l'ouvre une ou plusieurs destinations.
L'absence du rythme, totale et partielle, provoquerait cependant
un sentiment de disharmonie, d'inquiétude, qu'il faudrait
compenser par un autre effet concomitant: jeu de syncope auquel
excelle Théo Kerg et qui explique le nombre des temps faibles
parmi les temps forts de ses rythmes. Liens et rythmes, surtout
secondaires d'ailleurs, sont des taches, de petits motifs auxquels
on prêterait volontiers une fonction décorative si
l'on ne sentait que leur absence viderait le tableau d'une importante
partie de sa substance. Leur stricte répartition, par-dessus
les plans et surfaces qu'ils animent, concourt à donner
une assise plastique originale dont la puissance dépasse
de beaucoup leur valeur individuelle.
Toutes les analyses précédentes sur les formes et
les valeurs n'auraient aucune réalité si l'on ne
tenait pas compte de la couleur. Peindre est autre chose qu'harmoniser
et répartir des valeurs, même si cela en constitue
une partie indispensable. Or, Théo Kerg, qui pratique la
litho- graphie avec un talent sûr, qui possède l'intuition
juste des valeurs dans le noir et blanc, est un extraordinaire "manieur" de
couleur. Là encore, point de violences, mais une sensibilité extrême
et une pénétration rare au domaine des tons: accords,
hauteur, densité. Là encore, une perception très
musicale des pouvoirs de l'artiste: l'emploi peu fréquent
des dissonances s'accorde avec le sens le plus subtile de leur
résolution.
La palette de Théo Kerg est très riche, jamais anarchique:
elle fait intervenir toutes les couleurs, mais plus que jamais
ici il convient de parler de tons et non de couleurs! Toujours
une dominante impose à l'ensemble son caractère, à tel
point qu'un oil distrait prétendrait n'avoir reconnu que
deux ou trois tons. Cette dominante peut être un fond, qui
par place apparaît, par place se transforme dans la transparence
des taches qui s'y superposent. Longtemps les dominantes de ses
tableaux étaient le rouge ou le bleu - du rouge ou du bleu
-. Ce peut être aussi le ton du sujet. Le plus souvent le
fond fut bleu, alors que des verts, des orangés surtout,
des noirs parfois, soutenaient le rouge. Mais aussi on remarque
des inversions dans l'affirmation des couleurs; toute la force,
dans ce cas, réside dans les tons rompus, doux, dans les
transparences, dans es grattages. C'est encore une ressource pour
la mise en valeur des temps faibles du rythme. Egalement on en
conclut l'importance de la matière pour donner aux tons,
aux sur- faces, leur place juste, leur poids exact. Théo
Kerg attache une très grande importance à la technique, à la
solidité de sa matière, à la perfection de
son métier; une ouvre d'art plastique est faite pour durer,
le temps doit l'améliorer et non la détruire. Tout
artiste digne de ce nom doit le respect à son ouvre, en
lui apportant tout son soin: l'exécution matérielle
a autant d'importance que la conception plastique.
Depuis quelques temps apparaissent dans l'ouvre de Théo
Kerg des verts et des jaunes, parfois associés; le vert
parfois aussi s'appuie en transparence sur le noir. Auparavant
ils allaient de pair avec les orangés, les ocres, les terres;
verts et noirs avaient une valeur de bleu.
On remarque aussi de rares toiles en harmonie de bruns, d'ocres;
la maîtrise des accords avec des valeurs y est identique à celle
manifestée dans les autres. Mais toujours on retrouve la
saveur des blancs nuancés par des transparences ou des juxtapositions,
des gris très fins, bleutés, rosés ocrés.
L'évolution de la palette et la progression de couleur en
couleur répond à une recherche de tension plus grande.
Dans toute peinture, une caractéristique est le degré de
tension qu'elle contient. Qualité difficilement mesurable,
sans doute, mais que chaque connaisseur peut aisément déceler,
dans la forme comme dans les tons. La tension est un facteur d'équilibre
dynamique et d'exaltation à la fois de chacun des éléments
participants. Elle consiste à chercher, autour d'une position
moyenne d'accord, d'harmonie, l'intervalle le plus grand possible
entre deux éléments sans arriver à une dissonance.
Ou encore, lorsqu'il s'agir d'éléments complexes
et dont certaines parties peuvent être en dissonance, d'en
obtenir la résolution avec le minimum de concession à l'adoucissement.
Théo Kerg ne recherche pas une tension explosive, dangereuse;
sa valeur reste homogène et moyenne; mesure et goût
sont ses qualités maîtresses; cette tension est loin
cependant d'être nulle, elle est même parfois très
vive, mais, harmonieusement répartie entre les lignes, les
formes, les tons prenant très souvent le caractère
d'un élément de rythme, elle correspond à une
présence de vie, une animation plastique bien plus qu'à une
expression de choc. Entre ces deux facteurs il y a un accord optimum à trouver:
trop de tension, choc violent dont l'effet décroît
très vite, et peut même par la suite s'effacer si
des qualités plastiques de base ne s'y substituent pas;
pas de tension, insignifiance, joliesse, décoration, le
seuil d'intérêt, pourrait-on dire, n'est pas atteint.
Il faut que le choc soit assez fort pour attirer et retenir, et
l'ouvre doit tenir en réserve encore quelque puissance affective
pour gagner la fréquentation. L'ouvre de Théo Kerg
est de ce type: ouvre d'harmonie, de plasticisation de la forme
vivante plutôt que de schématisation, elle conserve
la vie dans la manifestation de son cours moyen ; elle frappe,
certes, mais attache bien plus par la suite, car elle s'insinue
avec souplesse dans notre rythme de vie personnel qu'elle peut
- n'est-ce pas historiquement une des fonctions et raisons d'être
de l'art ? - changer et régulariser. De jeunes écoles
commettent une erreur de jugement lorsqu'elles renient le côté "esthète" de
l'ouvre de l'art: c'est jugement celui qui garantit la pérennité de
son efficace, sa transcendance aux formes instantanées de
la vie.
L'ouvre de Théo Kerg est une ouvre de vie, faite pour agir
et pour durer.
Guy Lemborelle - Le tactilisme de Theo Kerg
La découverte des enchantements de la peinture pure, des
monts et merveilles de la matière se poursuit depuis des
années. Dans cette conquête progressive de l'essentiel ut
intellegere et delectare et plus particulièrement
de la rigueur, de la grande plasticité de la forme, de la
richesse de la couleur et de la matière incorporée,
de la poésie et du dépaysement étrange, de
l'actualité de la sensation spatiale, voici du nouveau qu'on
pourrait appeler NEO-BAROQUE. Mais Théo Kerg l'appelle TACTILISME
et en l'occurence TACTILISME LUNAIRE ET TERRESTRE, ce qui le situe
partout et nulle part. Tactilisme, valeurs tactiles, ambiguité du
voisinage paradoxal des matériaux de différentes
essences; tous les jours s'élargit leur gamme,
capable d'enrichir la texturologie, la morphologie, l'expression
et le climat des sensations aussi bien que de la peinture même.
Certaines de ces conquêtes contribuent à braver le
temps et à détruire le mythe qui gravite autour du
tube de couleur à l'huile. Personne n'a encore démontré que
la qualité artistique dépend d'une matière
plutôt que d'une autre et qu'il existe des matières
nobles comme des matières vulgaires. Tout dépend
de la puissance créatrice de celui qui met en ouvre, du
registre de ses connaissances techniques, mais aussi
de la pulsation intérieure. Dans les matières
offertes il faut faire son choix. Il est fait.
Regardez: quelque soit la matière adoptée, elle est
conduite jusqu'à son terme dans l'aspect final de l'ouvre
avec cette discipline rythmée d'où le geste gratuit
et l'automatisme sont exclus . Voilà des structures
méditées et précises, guidées avec
un sens aigu de la polyphonie spatiale. Cette peinture ne copie
pas, suggère peut-être, mais surtout: elle est .
Comme toute vraie peinture elle est une expression optique
et une perception directe et clairvoyante des sonorités
tactiles qui, finalement, secouent une foule d'idées et
de sentiments chez le spectateur. Peinture de raison, peinture à voir, à voir
longtemps, mais surtout peinture de sensibilité, d'intuition,
d'émerveillement poétique.
Alfred Strobel - Theo Kerg: Sein Weg und
sein Werk
Der Maler, der Bildhauer und der Baumeister Theo Kerg, wurde 1909
in Luxemburg geboren. Dieser Geburtsort ist durch seine geographische
Lage und seine geopolitische Bedeutung vielleicht zu einem Symptom
für die Kunst Theo Kergs geworden. Die Wurzeln dieser Kunst
liegen aber bestimmt nicht im Luxemburgischen das kaum eine geistige
Struktur aufweist. Aber trotzdem sehen wir gerade in der Lage des
kleinen Landes einen Grundzug im persönlichen Wesen und in
der künstlerischen Entwicklung Kergs verankert. Hier treffen
sich nicht nur, sondern überschneiden sich auch französisches
und deutsches Wesen, französische und deutsche Sprache und
Kultur. Ein Mensch der sich zum Geistigen durchringt kann sich
der einen oder anderen Seite zuwenden, er kann aber auch das Aufeinandertreffen
der beiden Kulturen in sich aufnehmen und daraus Charakter und
Lebenswerk entwickeln. Bei Theo Kerg liegt zweifellos das Letztere
vor und dies kann auch durch seinen Lebenslaut und durch die räumliche
Weite seines Schattens belegt werden.
Als es Theo Kerg zum künstlerischen Schatten trieb, er mit
seinem Wollen und den Planen aber auf den festen Widerstand seines
Vaters, eines Lehrers, stieß, flüchtete er geradezu
heimlich nach Paris. Er war damals gerade zwanzig Jahre alt. Während
der junge Flüchtling aus Luxemburg in der französischen
Hauptstadt durch nächtliche Arbeit in den Markthallen bescheiden
seinen Lebensunterhalt sicherte, widmete er sich untertags einem
ebenso eifrigen wie vielseitigen Studium an der Ecole des Beaux-Arts,
an der Sorbonne, im Institut d'Art et d'Archéologie. Aus
den vielseitigen Komponenten dieses Studiums entstand sein Weltbild
und aus diesem wiederum heraus seine Kunst. Dieses ebenso persönliche
wie feste Weltbild machte ihn allerdings schon bald zu einem Einzelgänger.
Zu jener Zeit waren in der modernen Kunst, die in Paris hoch im
Kurs stand, noch die Einflüsse des Kubismus und des Futurismus
maßgebend, aber schon hatte Apollinaire sein Lied zum Ruhme
des Abstrakten angestimmt.
Kerg wandte sich dem Neuen zu, ohne in ihm sofort festen Halt
zu finden. Die Pariser Kunstatmosphäre war vielleicht auch
zu einseitig, sie war, wenn man dies von der Kunst überhaupt
sagen kann, zu national geprägt. Aber da kam - impulsiv, wie
es bei Theo Kerg immer der Fall ist - der entscheidende Schritt
auf die "andere Seite" hin. In Düsseldorf, wo er
an der Akademie weiterstudierte, kam er mit einem der großen
deutschen Meister der modernen Kunst, Paul Klee, in Verbindung
und bald war er mit Klee menschlich und künstlerisch eng verbunden.
Dies also war die andere Seite, die zweite Komponente, aus der
sich sehr rasch die endgültige Formung eines persönlichen
Stiles herauskristallisierte.
Nach der Rückkehr nach Paris trat er im Jahre 1933 der Künstlergruppe
Abstraction-Création bei, ohne sich jedoch den Fesseln eines
Programmes oder einer stilistischen Tendenz auszuliefern. Sein
völlig freies Schaffen setzte schon ein Jahr später ein
und gleichzeitig wurde aus dem Maler auch ein Plastiker und in
der weiteren Entwicklung ein Baugestalter. Hierin schon zeigt sich,
dass für Kerg die Kunst eine Einheit ist, dass sich die einzelnen
technischen Methoden und Mittel zum Gesamtkunstwerk verbinden.
Man denkt unwillkürlich an die Theorie und das Ideal Richard
Wagners vom Gesamtkunstwerk in der Opernaufführung. Wie sich
bei Wagner Musik, Gesang, Darstellung, Bühnenbild und auch
der Raum zu einer notwendigen Einheit verbinden, so verbinden sich
bei Theo Kerg Malerei und Plastik und schließlich auch die
Architektur zu einer ähnlichen elementaren Einheit im Kunstwerk.
Elementar heißt hier, in einem anderen Sinne ais bei der
ursprünglichen Wortbedeutung: eine Gemeinsamkeit. eine Gleichheit
der Grundelemente. So wurde Theo Kerg auch etwa um das Jahr 1956,
also schon zur Zeit des Ausreifens, zum Begründer des Tactilismus,
der Kunst des abtastbaren Bildes, das nicht mehr Flache ist, sondern
durch sichtbare und fühlbare Strukturen eine neue Dimension
erhalt. Es dauerte nicht lange bis der Künstler das Grundprinzip
dieses Tactilismus auch in der Architektur anwandte.
Dies war etwa um das Jahr 1958. Damit hatte der Künstler
endgültig den Weg zum Gesamtkunstwerk, soweit es Aussage und
Technik betrifft, gefunden. Als Einzelgänger setzte er sich
abseits aller Richtungskampfe in der modernen Kunst, die programmatisch
sind überraschend schnell durch. Ausstellungen seiner Werke
wurden besonders vom Ende der fünfziger Jahre an nicht nur
in Frankreich, sondern auch in Deutschland, der Schweiz, Belgien
und Italien begehrt und sie folgten einander in kurzen Abständen.
Filme wurden über seine Werke gedreht, die ersten Monographien über
ihn erschienen und die Bibliographie, die alle über den Künstler
geschriebenen Werke enthält, schwoll geradezu an. Sein europäischer
Ruhm war gefestigt. 1962 erhielt er eine Gastdozentur an der staatlichen
Kunstschule in Kassel, wo er drei Jahre lang lehrte und arbeitete.
Als er Kassel verließ, wurde ihm eine besondere Ehrung zuteil.
Zur Wiedereröffnung der im Kriege durch Bomben zerstörten
Alten Galerie von Kassel wurde er eingeladen, die erste große
Ausstellung in den umfangreichen Räumen zu veranstalten. Noch
nie bisher war sein Schaffen mit einer solchen Intensität
und überraschenden Wirkung zum Ausdruck gekommen. wie in dieser
Schau.
Schon vorher war Theo Kerg in einen besonders engen Kontakt zu
Tirol gekommen. Seit Jahren verbringt er den Sommer und manchmal
auch Winterwochen im stillen und sonnigen Dormitz bei Nassereith.
Es sind aber keine Ferienwochen, es ist kein Ausrasten. Kerg ist
ein unermüdlicher, intensiver Arbeiter, der von Ideen gedrängt
wird, fast pausenlos zu schaffen. In Dormitz entstand auch sein
bisher einziges Werk in Osterreich, in dem er Architektur, Plastik,
Farbe, Beton und Glas zum einheitlichen Gesamtkunstwerk und damit
zu einer einheitlichen Wirkung verband. Er wandelte die hoch über
den Häusern des Ortes im Walde stehende, aus dem Jahre 1635
stammende Pestkapelle, vollständig um und er gab ihr durch
eine wirkungsvolle Erhöhung des Raumes, durch Fenster aus
weissen Marmorbeton-Waben und blauem Baccarat-Glas, durch den aus
Bachkieseln zu einem Mosaik gestalteten Boden und durch einen.
aus dem Stamm eines Dormitzer Birnbaumes mit der Axt geschlagenen
Gekreuzigten, der nur aus einem zerfetzten und verkohlten Körperstumpf
besteht, einen völlig neuen Charakter. Die von einer Dormitzer
Familie privat erbaute Kapelle, die kirchlich nie geweiht wurde,
ist zum gelungenen Beispiel eines modernen, kleinen Sakralraumes
geworden.
Theo Kerg ist in seiner Technik ein ausgesprochener Experimentator.
Er sucht immer nach neuen Materialien, nach neuen Bild- und Baustoffen,
die er für seine tactilistische Kunst verwendet, um ihr immer
stärkeren Ausdruck zu geben. Durch die Besessenheit, mit der
er an diesem, rein technischen Fortschritt arbeitet, ist er auch
vielfach zu einem Initiator der modernen Kunststoffe, vor allem
der Kunstharze, geworden. Und gerade in der jüngsten Zeit
arbeitet er mit den Technikern und Laboranten der Badischen Anilin-
nd Sodafabrik Ludwigshafen an der Entwicklung neuer, aus mehreren
Komponenten zusammengesetzter Kunstharze, die noch auf ihre verschiedenen
Verwendungsmöglichkeiten erprobt werden. Technik und Materialverwendung
sind in den Werken Theo Kergs jedoch nie das Primäre. Sie
sind nicht mehr als Hilfen zur Ausdrucksgestaltung rein geistiger
Elemente. Um dieses Geistige geht es bei Kerg immer. Er meditiert
nicht nur in seinen Gedanken, sondern auch bei deren Verwirklichung
im Kunstwerk. Diese Gedanken sind nicht abstrakt, es ist kein Philosophieren,
und man könnte von einem konkreten Ausdruck in abstrakt erscheinenden
Formen sprechen. Je tiefer der Geist ist, umso weniger lässt
er sich im Bild oder in der Plastik konkret zum Ausdruck bringen,
und bei Kerg zeigt sich dieses Prinzip sogar in der Architektur.
Theo Kerg lebt ständig in einer rein geistigen Welt. Die
Denker und Dichter sind seine Freunde und seine Brüder. So
ist es nicht zu verwundern, dass seine Werke oft an das Wort eines
Dichters oder an die Weisheit eines Denkers anknüpfen. Lao
Tse, Ezra Pound, Paul Valéry, Albert Camus, der schwarze
Orpheus Léopold Sédar Senghor und der amerikanische
Neger James Baldwin sind einige von diesen Geistgebern, denen Theo
Kerg folgt. Auf der anderen Seite aber sind es gerade die Dichter,
die ihn am besten verstehen. Pierre Garnier, der Wortführer
der jungen französischen Dichter-Avantgarde, hat die besten
und tiefsten Werke über ihn geschrieben.
Theo Kergs Schöpfungen sind also immer vom Geiste fundiert.
Vielfach führt dieser Geist auch zu einer Auseinandersetzung
mit dem oft gewalttätigen, brutalen, vernichtenden Charakter
unserer Zeit. Kerg ist seinem ganzen Wesen nach kein Pessimist,
aber er ist ein ständiger ernster Mahner und fast jedes seiner
Bilder können wir als ein Mahnwort an uns selbst gerichtet
betrachten. Hiroshima leuchtet knallrot, explosionsartig in seinen
Bildern auf, und so wie von jener ersten Atombombe wird heute die
ganze Menschheit von einem vernichtenden Geschehen bedroht. Pompeji,
in dem die Menschen plötzlich erstarrten, wurde ebenso wie
Hiroshima zum großen Symbol des Unterganges. So werden die
Menschen aus Freud und Leid herausgerissen, sie verlieren Leben
und Seele, doch hinter der Erstarrung erblüht immer wieder
die Hoffnung auf den Sieg des Menschlichen über die Gewalten
des Verderbens und der Vernichtung. Aber gerade deshalb kann man
auch, trotz des Ernstes in den aus Meditationen entstandenen und
von leidenschaftlichen Menschheitsideen erfüllten Bildern
und Plastiken Kergs nicht von einer pessimistischen Grundhaltung
sprechen. Es ist ein Glaube an das große und unvergängliche
Menschentum da, ein Glaube, den Kerg nicht selbstsicher konstruiert,
um sich an ihm festhalten zu können, sondern der ganz der
geistigen und weltanschaulichen Grundhaltung des Künstlers
entspricht.
Das Geistige in der Kunst Theo Kergs kommt auch durch die Charakterisierung
als "Transparenz" zum Ausdruck, einem Wort, das in der
schon so umfangreich gewordenen internationalen Literatur über
den Künstler dominiert und dessen Richtigkeit der Künstler
selbst ais sein Programm seit jeher bestätigt hat: "Global
gesehen strahlen in meinen Werken Farbflachen aus, überlagern
und durchdringen sich und schaffen somit die fließenden,
die relativen, die irrationalen Raumimpulse, die ungreifbar, unmessbar
sich stets erneuernd bieten. Doch nicht nur Farbflächen, Farbströmungen,
Farbklange, Farbdimensionen und Farbintensitäten, sondern
auch Struktur, Materialien, Zeichnung, Graphismen positiv und negativ
spielen eine wesentliche Rolle in dieser Vergeistigung des Materials." So
schrieb Kerg selbst in einem vor zwei Jahren erschienenen Artikel,
dem er - bezeichnend genug - den Titel "Transparenz" gegeben
hat.
Die absolute Transparenz wird oft ins Reale (aber nicht Realistische)
aufgelockert durch Graphismen und Scripthuren, kurze Satze, Worte
oder nur Buchstaben, die immer wiederkehren, aber immer in verschiedener
Anordnung, sehr oft in Spiegelschrift. In den in der Innsbrucker
Ausstellung gezeigten Werken kann man dies oft finden. Diese Werke
stammen aus dem Zeitraum der letzten zehn Jahre, von 1957 bis 1967.
Hier ist eine deutliche Entwicklung festzustellen: Auf die zentral
räumlich quer in der Bildflache stehenden und schwebenden
Massen von 1957, auf die räumlich dynamischen Explosionsbilder,
sowie die Kraterbilder bis 1960, auf die sich auflösenden
und im All zerstaubenden Formen der Jahre 1960 bis 1962 folgten
seit 1963 immer mehr und mehr solche Zeichen, Scripthuren und Runen.
Dieses jüngste Stadium weist auf ein verstärktes Bekenntnis
Kergs zu der von ihm geschaffenen Kunst des Tactilismus hin.
Die Scripthuren bilden meist einen Kontrast zu den Farbballungen,
sie sind wie der Ausdruck eines beruhigenden Gedankens. Mag scheinbar
ein Chaos in einem der Bilder liegen, so bringen diese Scripthuren
eine Ordnung, eine Sinngebung. Was dimensionslos erscheint, wird
hier in die Dimension der Schriftzeichen gebannt. Das Gleiche gilt
von den in Kergs Bildern immer wiederkehrenden, meist waag- rechten,
Reliefschraffuren, bei denen der Abstand der Linien mit einer bewussten
Sinngebung wechselt.
Die Farbigkeit der Bilder reicht von den Erdtönen bis zur
höchsten Leuchtkraft, wobei das Blau eine besondere Rolle
spielt. Man hat Kerg auch ais einen "Maler in Blau" bezeichnet
und in der im heurigen Sommer in Ludwigshafen stattfindenden internationalen
Ausstellung "Das blaue Bild", zu der bedeutende Künstler
eingeladen wurden, wird auch Theo Kerg vertreten sein. Das Grauenhafte,
das Katastrophale des Geschehens in unserer Zeit führt Kerg
aber auch zu einem flammenden Rot, wie etwa im "Diptychon
Hiroshimon". Auch dort, wo eine besondere Tragik im Bilde
zum Ausdruck kommen soll, wie etwa in "Ehrung für Ezra
Pound", finden wir dieses Flammende, Explosive.
Kennzeichnend und wesentlich für Theo Kergs Bilder ist neben
der malerischen auch deren plastische Gestaltung. Durch Verwendung
verschiedener Materialien, vor allem Kunstharzen, die er auf die
Flache aufträgt und übermalt, entstehen Erhöhungen
und Vertiefungen, die dem Bilde eine besondere Struktur geben.
Mit der Modekunst der Collagen hat dies nichts zu tun (obwohl Kerg
in seiner jungen Zeit auch solche hergestellt hat). Diese plastischen
Strukturen sind Elemente des einheitlichen Bildinhaltes, sie sind
nicht zusammengesetzt, sondern ein integrierender Teil des Ganzen,
das ein optisches Gebilde ist.
Schwierig ist die Frage nach den Bildinhalten zu beantworten.
Die Titel, auch wenn sie oft symbolisch sind, geben allein den
Schlüssel zum Verstehen. Als Theo Kerg im Jahre 1959 in Paris
eine große Ausstellung veranstaltete, schrieb er selbst: "In
dieser Ausstellung werbe ich nicht für ein soziales, ökonomisches,
politisches oder sonstiges Programm. Infolgedessen wird jeder enttäuscht
sein, der die Verherrlichung von Blut und Boden, der stillenden
Mutter, der schwieligen Hand, der traditionellen Allee fürs
Wohnzimmer, des traditionellen Aktes fürs Schlafzimmer oder
gar eine Burgruine zu finden gedenkt. Meine Bilder sind auch keine
Notariatsakte oder Polizeiberichte. Ich zeige nur gemalte Malerei,
und zwar speziell mit der Hand gemalte Malerei, nicht mit einer
Armbrust, dem Schiessgewehr, dem Motorrad oder mit sonstigen, von
Clowns gebrauchten Mitteln. Ich male auch mit Farben, mit Terpentin,
mit Öl, mit Sand, mit Kunstharzen und mit sonstigen antimalerischen
Mitteln. Ich male auch mit Geduld und manchmal mit Ekel, aber nicht
mit ästhetischen und ethischen Prinzipien oder gar mit der
Inspiration. In der Malerei ist sogar das Geistige mit der Hand
gemacht, und diese Hand bestimmt die Qualität des Geistigen
auch."
Man konnte sagen, dass sich in den Bildern Kergs Makrokosmos und
Mikrokosmos vereinen. Beide stellt der Künstler ins Licht.
Ihm scheint er sein Werk zu weihen und es ist bezeichnend, dass
im dokumentarischen Katalog der erwähnten Kasseler Ausstellung
ein längeres Zitat des jungen amerikanischen Negerdichters
James Baldwin über das Licht abgedruckt wurde. Nur das, was
nicht im Zeichen des Geistes und des wirklichen, wenn auch bedrohten
Lebens steht; das Fossilierte, das Versteinerte, das Verhärtete
steht auch in den Bildern nicht im Zeichen dieses Lichtes, das
keine tote Materie ausstrahlen konnte.
In der Innsbrucker Ausstellung hat Theo Kerg seinen Bildern zum
ersten Mal ein ungewöhnliches Formelement hinzugefügt:
Holzgebilde, die das Bild an der Stelle der sonst üblichen
Rahmen, die das Werk bisher abgrenzten und einfassten, umgeben.
Die Holzkonstruktionen Kergs bezwecken das Gegenteil: die Fortführung
der Idee über die Malflache hinaus. Die Bedeutung des Holzes
für seine Kunst hat Kerg eigentlich erst in Tirol erkannt,
an den Baumstämmen in den Wäldern und Bauerngärten
von Dormitz und an den Bretterstapeln im Dorfe. Hier zeigte sich
dem Künstler das Holz als das eigentlich Wachsende und Gewachsene
in der Natur. Mehr als in anderen Gebieten fand Theo Kerg in Tirol
das Holz auch ais Bauelement und vor allem als Strukturelement.
Es ist lebendiger als der Stein, aus dem sonst Häuser gebaut
werden, und vor allem, es hat selbst Struktur. In Tirol fand Kerg
zudem eine ausgesprochene Landschaft der Holzkultur. Dies führte
ihn auf den Gedanken, die Faserung, das Strukturelle des Holzes
als einen wesentlichen Teil seiner Bildschöpfungen zu verwenden.
Die Strukturen dieser Bilder setzen sich in diesen Holzgebilden
fort. Wir finden auf ihnen ebenso Schriftzeichen und Graphismen
wie im eingeschlossenen Bilde. Da sich die Gestaltung dieser Holzkonstruktionen
dem Bilde anpassen muss, hat jede einzelne ihre eigene, wohldurchdachte
und dabei symbolisch wirkende Form. Wir verwiesen schon darauf,
dass die Kunst Theo Kergs vom Mitleiden an der Menschheit und von
der Mahnung vor ihrer Gefährdung geprägt ist. Das Holz
dieser Umrahmungsgebilde ist meist versengt, es erhielt dadurch
eine Veränderung vom bloß Natürlichen zum leidenden,
aber noch ist es nicht dem Brand, nicht der endgültigen Vernichtung
preisgegeben. Die Struktur ist ja erhalten, so wie bei der bedrohten
Existenz des Menschen. Aber in der Art des Verwandelns von der
gewachsenen Natur zur Düsterheit des Umgewandelten sehen wir
wieder den mahnenden Ernst. Durch die Gefahren unserer Zeit werden
wir so werden, wie das versengte Holz, und hinter all dem steckt
die Erinnerung daran, dass wir einmal nicht mehr da sein werden.
Bildflache und Umrahmung werden also zu einer Einheit, gleichzeitig
schaffen die Holzkonstruktionen aber förmlich eine plastische
Pforte zum Bild und seinem Gedanken. So wie die anderen Elemente
der Kunst Kergs, wie Farbe, Stein, Beton und Glas, aber auch wie
der eingekerbte Buchstabe, oder die eingeritzte ausgleichende Rune
spürt man auch bei diesen Holzkonstruktionen den künstlerischen
Ernst, den Drang, das "Material zu vergeistigen".
Es seien noch einige Hinweise gegeben auf jene wichtigen Bereiche
im künstlerischen Schaffen Theo Kergs, die in der Innsbrucker
Ausstellung nicht gezeigt werden können: seine großen
und vielen Plastiken und seine bis ins Monumentale gesteigerten
Architekturen. Auch seine Plastiken sind meist strukturell, auch
dort, wo sie uns in großen Formen begegnen. Trotz ihrer Statik,
die die Schwere des Materials erfordert, erscheinen sie oft labil.
Daneben kam Kerg zu Plastiken, die wir ais strukturelle Tactilismen
bezeichnen können. Das Grundelement, aus denen sich das Werk
aufbaut, ist in vielen Fallen die Wabe aus Beton und Glas, also
auch hier die Gliederung in Erhöhungen und Vertiefungen.
In den letzten Jahren entdeckte Kerg als wichtiges Material für
seine plastischen Schöpfungen den Beton, der ja auch sonst
heute schon in der Bildhauerei vielfach aufscheint. Als vor zwei
Jahren in Heidelberg die erste "documenta der Betonplastik" veranstaltet
wurde, an der eine Reihe bekannter Künstler teilnahm, wurden
von der Kritik die Plastiken Kergs als die bedeutendsten bezeichnet.
Für Kerg enthält der Beton Geheimnisse, die der Künstler
zu ergründen und herauszuholen hat. Der Geist muss aber auch
das härteste Material durchdringen und dieser Geist dokumentiert
sich äußerlich in der Form. Erinnern wir uns an das
Wort von Auguste Rodin: "Zeichnung von allen Seiten, das ist
die Beschwörungsformel der Skulptur, die den Geist in den
Stein hinabsteigen lässt. Das Ergebnis ist wunderbar: diese
Methode lässt zugleich mit allen Profilen des Körpers
die der Seele entstehen. Wer von diesem System gekostet hat, hat
nichts mehr gemein mit den anderen." Das trifft auch auf die
Plastiken Theo Kergs zu, der in so vieler Hinsicht nichts mehr
gemein hat mit anderen. Der Stil und die Wesensart seiner Plastiken
ermöglichten Kerg einen fast zwangsläufigen Brückenschlag
zur Architektur. Bauplastiken der früheren Zeit waren "Kunst
am Bau". Die Plastik hatte oft nur eine dekorative Aufgabe
zur Belebung der Architektur. Bei Kerg aber übernimmt sie
die Funktion der Architektur selbst. Baukörper und Plastik
werden eins. Hier wurde er der große Revolutionär mit
seinem in die Bauwerke umgesetzten Bekenntnis: "Die geformte,
strenge, horizontal-vertikale Beton-Eisen-Glasfassade hat sich
tot gesiegt. Die erstarrten, flachen Mauern und Dächer von
gestern sind über Nacht in Bewegung geraten. Geknickt, gefaltet,
geriffelt, gerundet, geschwungen, versetzt, verschachtelt, aufgewirbelt,
spiralend, wogend, kreisend entstehen Vorlehre-Gestaltungen ...
Die Mauer muss klimatisch, örtlich, geistig bedingt sein." Zum
ersten Male verwandte Kerg diese tactilistische Architektur im
Jahre 1959 bei der Gestaltung einer neuen Kirche in Neckarhausen.
Andere große Aufträge folgten und deren bisheriger Höhepunkt
wurde das von Kerg erbaute große Mortuarium, die neue Leichenhalle
der Stadt Mannheim. Grundlage des Baues sind sechs mächtige
Betonpilze, um welche Theo Kerg seine Architektur aufbaute, die
man ais "Lichtmauern" bezeichnet hat. Trotz der totalen
Einheit hat jede der vier riesigen Fassaden der Halle eine völlig
andere Struktur, gebildet aus harmonisch abgestimmten, vorgefertigten
Waben. Alles ist zu einem Körper voller Bewegung geworden.
Das ist nicht mehr die einstige Architekturplastik, sondern eine
geistig durchdachte Plastikarchitektur.
Neben dem Beton ist einer der wichtigsten Baustoffe für Kerg
das starke, farbige Dick glas, das in Betonwaben eingebettet ist.
Zum ersten Male hat Kerg diese Art der Gestaltung in Osterreich
bei den Fenstern der Pestkapelle von Dormitz erprobt und nach einer
Reihe von Umänderungen hat er aus diesen farbstarken Betonglaswaben
nicht nur malerische, sondern auch plastische Möglichkeiten
entwickelt. Nicht nur einzelne Fenster, sondern ganze Wände
- z. B. das Mortuarium Mannheim - leuchten in diesen glasbesetzten
Wabengebilden auf.
Wir sagten bereits: Theo Kerg ist ein Künstler, der immer
auf der Suche nach neuen Aussage- und Materialformen ist. Seine
Beschäftigung mit den Problemen der modernen Bauarchitektur
und die Versuche, dieser einen neuen Sinn und eine neue Form zu
geben, haben ihn auch zu neuen Beziehungen zwischen Plastik, Malerei
und Innenraum geführt, an deren Entwicklung er jetzt noch
arbeitet. Er experimentiert an Werken, die transparent und farbig
im Raum aufgestellt werden sollen, als Standbilder, als Trennwand,
Stele, Saule oder Tafel. So soll also das Gemälde, nach dem
Sinne Kergs, in der neuen Architektur kein "Schmuckstück" über
dem Sofa sein, wie das so oft der Fall ist, sondern ein Organismus
im Raum, dem man begegnen soll wie einem Menschen. Dieser Organismus
des Kunstwerkes als Raumfaktor kann Aussage, Sinn-Bild oder auch
Pamphlet sein, das zum Dialog und zur Meditation zwingt. Für
diese Gebilde braucht Kerg neue Kunststoffe, an deren Entwicklung
er, wie wir schon sagten, mit erfahrenen Technikern derzeit arbeitet.
Es ist ja ein Paradoxon der modernen Kunst, dass sie in die anonyme
Welt völliger Entmaterialisierung zurücktaucht, gleich
zeitig jedoch die Medien einer hoch-technisierten Zivilisation
benutzt. Dieses Vorwartsdringen in immer neue Bereiche, dieses
Erkunden neuer Möglichkeiten ist typisch für Theo Kerg
und seine von Leidenschaft getriebene Schaffenskraft. Was er heute
will, wollte er schon von Anfang an, schon in der Zeit, in der
er seinen Tactilismus schuf. An ihm hat er festgehalten, aber er
will ihm weitere Möglichkeiten verschaffen. So erinnert er
uns an die Worte Rainer Maria Rilkes: "Kunst heißt,
nicht wissen, dass die Welt schon ist, und eine machen. Niemals
vollenden. Niemals den siebenten Tag haben. Niemals sehen, dass
alles gut ist." Solches Ringen um die Vollendung im Sinne
Rilkes, dieser Antrieb zu eigener Unzufriedenheit führt immer
wieder zu Experimenten, die die Umwelt schockieren mögen.
Auch Kerg schockiert immer wieder durch sein Ignorieren feststehender
Dogmen. Aber wer will ihm den Vorwurf machen oder ihm nicht anerkennen,
dass er stets auf er Suche nach künstlerischem Neuland, nach
neuen Mitteln und neuen Materialien ist?
Denys Chevalier - Theo Kerg: Von der universellen
zur besonderen Bedeutung
Tactilismus sagt Theo Kerg selbst, wenn er von seinen Werken mit
verschiedenartigsten Texturen spricht (welche vom Ästhetischen
her ausgezeichnet integriert sind). Jedoch denke ich nicht, dass
dieser Definition eine übertriebene Bedeutung beigemessen
werden soll. Es entspringt einem Bedürfnis nach Genauigkeit,
nach einer zugänglichen Bezeichnung, wenn Theo Kerg diesen
Namen - Tactilismus - erfunden hat, nicht mit dem mehr oder weniger
eitlen Willen, eine neue Schule zu gründen, denn sein Tactilismus
gehört nur ihm. Er ist für den persönlichen, für
den ureigenen Gebrauch. Er ist kein Exportartikel.
Was dies anbelangt, erinnere ich mich an ein Gespräch, das
ich diesen Sommer mit Mark Tobey halte. Nach ihm gehen alle "ismen" schließlich
auf zwei zurück, den Klassizismus und den Romantizismus. Durch
den Tactilismus, das heißt, durch die eigenartige Materialisierung
seiner künstlerischen Anschauung gehört Theo Kerg zum
Romantizismus, genauer gesagt, zu dessen expressionistischer Abart.
Im Übrigen glaube ich, dass ein Künstler, was er auch
immer tue, sich dem Gewicht eines komplexen Erbes, des Atavismus,
der durch die Zeiten ihm zuströmt, nicht entziehen kann, dass
dieser Atavismus in einem gewissen Maß seine Ausdrucksweise
bestimmt.
Dies gilt auch für Theo Kerg. Sogar in seinen frühen
Bildern, die er in Südfrankreich, in Collioure oder in Saint-Tropez
gemalt hot, ist er ein Maler, wenn nicht reingermanischen, so doch
wenigstens rheinischen Ausdrucks. Er stammt aus dem Land, das zugleich
franzosisch- und deutschsprachig ist, jenes der Callot, Doré,
Grünewald, Granville und Schongauer. Er stammt aus jenen Grenzgebieten,
wo sich zwei Kulturen gegenüberstehen, sich begegnen, sich
verbinden, zwei Arten zu leben und zu fühlen.
In Frankreich nennen wir sie "les Marches de l'Est".
Sie haben fast immer Männer hervorgebracht, die von den verschiedensten,
manchmal sogar von den gegensätzlichsten Geistesströmungen
angesprochen wurden. Nur die Besten haben diese Zerrissenheit des
Geistes und des Herzens überwunden.
lm Fall Theo Kerg lösten sich die Widersprüche, denen
er durch sein Milieu und seine Herkunft ausgesetzt war, nach und
nach wahrend seiner Entwicklung durch eine Art organischer Osmose;
die Widersprüche wurden wechselseitig angeglichen. Daher bleiben
in seiner Kunst für den strengen Analytiker nur sich abwechselnde
Eindrücke, nach dem Rhythmus des Ein- und Ausatmens, lebensvoll
wie dieses Atmen, aus einem doppelten Sein, das sich unbegrenzt
weiterentwickelt nach einem dialektischen Prinzip. So sind die
Unterschiede nicht mehr die Quelle von Konflikt und Chaos, sondern
von Harmonie und Ordnung, gleich (aber mit mehr Reichtum) jeder
Einheit eines ursprünglichen Temperaments.
Diese Zeichen der Zugehörigkeit Theo Kergs zu früherem
und außerhalb seiner Sphäre gelegenem Geschehen - ein
Geschehen, differenziert, vielstufig und inspirierend - sind nur
selten von der Kritik aufgegriffen, aufgezahlt und studiert worden.
Tatsächlich gehört die Ausdruckskraft der Farbe und des
Striches bei Theo Kerg unstreitig zu den anerkannten Wesenszügen
rheinischer Kunst, während die malerische Komposition und
die Farbe an sich, ais Abstraktum gesehen, das heißt, von
jeder absichtlichen Beigabe frei, der klassischen Strömung
der französischen Kunst eignet. (Diese französische Kunst
ist vielgestaltig, sie kann nicht auf eine einfache durchgehende
klassische Formulierung zurückgeführt werden. Doch gewiss
ist diese klassische Konstante eines ihrer originellsten Bestandteile.)
Wie dem auch sei, natürlich sind Theo Kergs Sensibilität,
die Gestaltungen und Verankerungen seiner Formensprache durch seine
Studien, seine Aufenthalte und nunmehr durch dos leben, dos er
seit 15 Jahren in Frankreich führt, beeinflusst worden. Woher
kommt also diese sonderbare Unkenntnis der fundamentalen Züge
Theo Kerg'scher Kunst?
Mir scheint, dies verschuldet besonders die spezielle Atmosphäre
von Paris, wo alle unterschiedlichen eichen - wie sie auch seien
- in einem beständigen Gären vermischt sind; diese Gärung
vernichtet nicht die Unterschiede eines ursprünglichen Milieus,
sondern neutralisiert. Solche Unterschiede werden zerstört,
indem sie auf einen gleichen Nenner kommen, sie verlieren nur durch
die ungeheuere Vielzahl an Bedeutung. Am Ende sieht man sie nicht
mehr. Man muss auch sagen, dass Theo Kerg in seinem Bestreben noch
plastischer Einheitlichkeit, in seiner Eroberung der Bildeinheit
und des Ichs - trotz oder gerade wegen der Verschiedenartigkeit
der Gegebenheiten - die besten Voraussetzungen zu einer Verwirklichung
hatte. Selten habe ich einen Künstler getroffen, der so vielseitig,
so bewundert in allen Disziplinen ist; je noch Notwendigkeit zwingt
er Geistiges und rein Materielles zueinander. Wahrscheinlich ist
dieser Respekt vor dem Material und sich selbst - und das kommt
der Umformung der Materie durch den Geist gleich - das Beste, was
von seiner Ausbildung als Plastiker weiterwirkt. Es ist sicher,
dass Theo Kerg alles als Figur im Raum sieht. In seinen Werken
herrscht eine untrügliche Freude am manuellen Gestalten. Das
findet sich bei einem Maler so selten, dass es unterstrichen werden
muss. Ich habe bereits die Besonderheit seines intellektuellen,
gleichzeitig romontischen Wesens betont. Ich habe nun zu präzisieren,
wodurch sich Theo Kerg - meiner Ansicht noch - vom Romantizismus
unterscheidet, besonders, was die Verwirklichung innerhalb seines
Werkes angeht. Er stellt sich der Welt nicht distanziert und isoliert
gegenüber, im Gegenteil, er passt sich der Welt an. Das Menschliche
wird dann nicht zu einem Mittel der Erkenntnis, sondern zu einem
Instrument, das Universelle daran zu messen. "Es ist leicht,
sich das Universelle zu schaffen, wenn es den Menschen gibt",
sagt etwa Leonardo. Dadurch nähert sich Theo Kerg einer wirklich
klassischen Auffassung. Wenn das Zufällige und das ihm Zustände
zu den bevorzugten Bausteinen des Künstlers zählen, gibt
er ihnen nicht den Wert einer Finalität. Er benutzt sie nur,
um ihre buchstäbliche Bedeutung und sich selbst dabei zu überwinden
und so zu den zeitlosen klassischen Werten vorzustossen. Hier erscheint
wieder der Begriff des Konfliktes, von dem ich schon sagte, Theo
Kerg habe ihn in Einheit und Harmonie aufgelöst. In Wirklichkeit
bleibt jedoch der Konflikt bestehen, aber er wird mehr allegorisch
und symbolhaft als eine bjektivität einer plastischen Tatsache
empfunden. Dort ist er nur scheinbar, episodisch, sporadisch. Die
tiefere Bedeutung liegt an anderer Stelle im inneren Weiterschwingen.
Es ist etwa wie in Gleichnissen des Alten Testaments, die nur präfigurieren
durch ihren verborgenen Sinn, die Wirklichkeit des Wortes erscheint
im Neuen Testament. Auf diese Art sollen die Konflikte, die Schocks,
die Komplikationen zwischen Materie und Ausdruck in der Kunst Theo
Kergs vom Analytiker als vorahnende Zeichen eines anderen Konfliktes,
nur viel geheimnisvoller und feiner in seiner Abwicklung, verstanden
werden; sie sind harmonisch akkordiert auf der Leiter ihres Fortschreitens
bis zu kosmischer Resonanz. Diese Resonanz macht sich mehr und
mehr bemerkbar, vor allem in den bei des Künstlers Aufenthalt
in Basel geschaffenen Werken, die - bereits sehr früh begannen
- hier zur Vollendung geführt wurden. Sie sind nicht einfach
imaginäre Landschaften oder Gestirnwelten, sondern gestaltete
Etappen und Phasen des menschlichen Konfliktes mit sich selbst
und mit der Natur.
Zeuge eines beständigen Kampfes mit der Natur, ist die Kunst
Theo Kergs nur abstrakt für oberflächliche Beobachter.
Denn schliesslich - durch welches Wunder könnte die reine
Abstraktion von einem Plastiker erdacht und gestaltet werden? Hier
ist natürlich nur ein prinzipieller Widerspruch. In Wirklichkeit
ist der malerische Ausdruck Theo Kergs aus vollständig neuen
Ideen und Anschauungen der Natur und der Welt entstanden. Dieser
malerische Ausdruck Theo Kergs pendelt zwischen Inspirationen aus
Mikro- und Makrokosmos. Dadurch entsteht eine geistige Zweideutigkeit,
eine Art Ambivalenz. Alles hängt von einer Auswechselbarkeit
der Massstäbe ab.
Der Aufenthalt des Malers in Basel scheint besonders fruchtbar
auf seine Arbeit gewirkt zu haben, vielleicht durch die geistige
Aufgeschlossenheit, die diese Zeit ihm gab, und gewiss auch durch
ein günstiges seelisches Klima. Tatsächlich wurde seine
Entwicklung dadurch beschleunigt. So sind seine jüngsten,
in der Schweiz gemalten Werke oft, wie ich bereits sagte, die Abwandlung
und die Fertigstellung früherer Bilder, die ihn unbefriedigt
gelassen hatten. Sie unterscheiden sich durch manches von vorangegangenen
Werken. Von kräftigerem, entschiedenerem Charakter, sind es
Bewegungen der Materie auf raumsuggerierenden Gründen. Wie
in der Vergangenheit sind die Strukturen der Materie (kräftig
gestaltet oder leise angedeutet) durch eine mächtigere Reliefzeichnung
ausgedrückt, aber die Bewegungen, welche sie auf die Tiefen
des Planes eingraben, sind viel variierter. Geradlinig, schräg,
gebogen, vermitteln sie die Idee des Vor und Zurück. Sie drangen
gewissermaßen eine Lektüre des Bildes auf, ähnlich
jener eines Buches. Von den drei Charakteristiken Theo Kerg'schen
Ausdrucks: Textur, Struktur, Rhythmus scheint der Rhythmus die
Anstrengung des Künstlers in Anspruch genommen zu haben.
Früher lief die Komposition quer durch dos Bild. Heute ist
die Komposition zusammengeballt und konzentriert in einer Art Kraftkern,
dessen Teilchen in den malerischen Raum geschleudert werden, einem
bestimmten Rhythmus gehorchend. Von ihrem Umriss befreit, ist die
Form nur noch durch die Materie bezeichnet. Sie wird gleitend,
flüssig, der Auflösung nahe, nur durch die Festigkeit
der Strukturen geholten. Zwei Bilder scheinen mir für die
neue Art Theo Kergs besonders bezeichnend: "La Chute" (Der
Fall) - in einer Zone des Schweigens entzündet sich ein leuchtender
Punkt, welcher zu einem feurigen Ausströmen der Formen wird,
um dann wieder zu sinken; und "Ikarus" - welcher in einer
sehr modernen plastischen Gestaltung den Mythos der Zerstörung
und Auflösung wiedergibt. Beide Bilder, wie die meisten Bilder
Theo Kergs, sind plastische Paraphrasen der jüngsten Errungenschaften
der Wissenschaft und der zeitgenössischen Technik, der Ballistik,
der Kinetik und der Astrophysik. Sogar das chromatische Register
geht gefühlsmäßig dem intensiven Feuer entgegen
und dem Verbrennungsprozess, den wir jetzt mit raschem Schritt
erforschen. Es sind nur Rotbraun, bläuliche Dampfe, verbrannte
Erde, Asche usw. Er ist wahrer Zeuge unserer Zeit, und darum betrachtet
Theo Kerg sich als Empfangsgerät der großen Strömungen
des Geistes, welche die Welt, in der er lebt, beseelen. Er ist
eine Art intuitives Radargerät, welches die umherschwirrenden
Emotionen aufnimmt und sie auf einen Bildschirm, das Gemälde,
projiziert. So fußt die ästhetische Entwicklung Theo
Kergs auf zwei Stufen, zuerst auf der der Inspiration, dann auf
jener der Technik.
Was die festen Hintergründe anbelangt, von denen ich oben
sprach, scheint es mir, dass es sich nicht um wirkliche Hintergründe
handelt, sondern erstens um Raumgestaltungen und zweitens um Farbflächen,
welche bestimmt sind, Flecken des plastischen Themas vibrieren
zu lassen. Denn jeder Fleck oder Teil eines Bildes von Theo Kerg
lebt intensiv eine Existenz, die der Künstler dem Gesamtwerk
gegeben hat. Unter den anderen Zeichen der jüngsten Entwicklung
des Künstlers muss ich (das Ersetzen der geschlossenen durch
die offenen Formen setzen, wie auch die Intensität des inneren
Leuchtens. Dies kommt von dem Licht, welches nicht mehr auf die
Oberfläche des Werkes scheint, sondern aus dem Inneren der
Materie aufleuchtet. Durch die Schichtungen, die Risse, die Strahlungen
der pastosen Masse fließt das Licht, entwickelt es sich und
dringt bis in die oberen Schichten des Bildes vor. Das Licht gewinnt
in dieser Entwicklung eine ungeahnte Saftigkeit und außerordentlich
seltene und feine Qualitäten, endlich etwas Geheimnisvolles.
(All dies dank der farbigen Polyestermasse, der Lasuren, der durchsichtigen
zarten Farbschichten). Man hat manchmal den Eindruck, dass die
Bilder alte Mauern sind, strukturierte Flachen, fossilisierte Elemente.
Durch eine glückliche Rückläufigkeit der Dinge
kommt Theo Kerg auf die alte, von ihm erfundene Arbeitsweise zurück,
nachdem er die Texturen aufgegeben hatte, die er früher durch
Collagen erreichte. Heute steht er wieder an dem Punkt, den er
vor zwanzig Jahren aufgegeben hatte, als er zur Gruppe "Abstraction
Création" gehörte. So ist das Akzidentelle für
ihn nicht mehr eine sekundäre Gegebenheit, die dazu angetan
sein soll, entdeckt zu werden, wenn die wesentliche Botschaft des
Bildes aufgenommen ist.
Tatsächlich ist jedes Werk von Theo Kerg ein Zeitloses und
Universelles. Die Lektüre seiner Bilder kann also nur vorgenommen
werden, wenn man nicht vom Einzelnen zum Universellen, sondern
wenn man - laut der Bedeutung seines künstlerischen Ausdruckes
- vom Universellen zum Besonderen geht. Durch dieses intensive
Bestreben und durch die Erfolge, die es krönen, erreicht der
Künstler das, was in der heutigen Malerei ais dos Beste gilt
und was am meisten den Prüfungen der Zeit standhält.
(Übersetzt aus "Art International", V/9., 20.11.61)
Dr. Erich Herzog - Direktor der Staatlichen Kunstsammlungen
Kassel
Auszug aus dem Ausstellungskatalog von Theo Kerg
Staatliche Kunstsammlungen Kassel vom 02.05.1965 - 20.06.1965
V on Theo Kerg, der seit 1963 an der Staatlichen
Werkkunstschule in Kassel unterrichtet, konnten hier bisher nie
alle seine Tätigkeitsbereiche zusammen gezeigt werden, da
es an dem nötigen Raum mangelte. Erst in der Galerie an der
Schönen Aussicht stehen nun Gemälde, Skulpturen und Beton-Glaswände
nebeneinander. Nur so lernt man Theo Kergs Erscheinung richtig
kennen.
Theo Kerg begann als Bildhauer, auch die Architektur blieb ihm
an der Ecole des Beaux-Arts nicht fremd. Das Ineinandergreifen
von Malerei, Plastik und Architektur gehört zu den Wesenseigenschaften
seiner Kunst. Es ist zu hoffen, dass es diesmal gelingt, die schöpferische
Einheit im Werk Theo Kergs sichtbar zu machen.
Seit Cézanne wurde sich die Malerei immer mehr der Tatsache
bewusst, dass sie es ja in erster Linie mit einer Flächengestaltung
zu tun hat, dass die räumlichen Erscheinungen der Fläche
einzuordnen sind. Gleichzeitig entstand eine neue Auffassung vom
Bild als solchem. Die Einheit der Guckkastenperspektive, die scheinbar
ein Loch in die Wand schlägt, wurde aufgegeben zugunsten einer
viel freier gefassten Flächenordung, die auch in der Abgrenzung
frei bleiben will und sich offen hält gegenüber den umgebenden
Flächen. Schritt für Schritt hat die Malerei des 20.
Jahrhunderts das Abbildhafte, das Schildernde, Erzählende
abgestreift, immer mehr wurde die Bildfläche selbst konkretes
Objekt, das in seinem Sein seine Bestimmung findet. Man muss diese
grundlegende Wandlung kennen, um der Malerei Theo Kergs ihren Platz
anzuweisen. Als konkretes Objekt hört die Bildfläche
auf, spiegelbildlich eine Welt des Scheins zu suggerieren. Um zu
bestehen, muss sie Texturen und Strukturen erhalten, die sie reich
und dicht füllen und in ihren unendlichen Variationen Analogien
zur Aussenwelt darbieten. Schon früh erkannte man, dass zur
Aufhebung der Scheinwirklichkeit die reliefhafte Oberfläche
der Farbe wesentlich dazu beiträgt. Um die Jahrhundertwende
hatten es Maler wie etwa Monticelli, die deutschen Spätimpressionisten
und Expressionisten wie Christian Rohlfs erprobt, allerdings noch
im Bereich des Abbildhaften. Für die abstrakte Kunst musste
das Bilderrelief neu erobert werden. Als in den dreissiger Jahren
die "konkrete Kunst" zu reicheren Wirkungen vorstiess,
tauchten Versuche auf, die dritte Dimension in das Bild mit einzubeziehen,
nicht durch Linien und Farbraum, sondern durch reliefhaft aufgetragene
Materie.
Theo Kerg verfolgte diese Möglichkeit am konsequentesten
und setzte seine Lösungen aus den dreissiger Jahren nach dem
Ende des zweiten Weltkriegs höchst erfolgreich fort. Für
seine Reliefbilder erfand er auch den Namen "Tactilismus",
womit das Tastbare, dreidimensional Reliefhafte der Oberfläche
zum Wesenszug erhoben wurde.
Wie sich Farbe und plastisches Relief zueinander verhalten, scheint
mir zu den Wesensz¸gen von Theo Kergs Bildern zu gehören,
dass Farbe und Relief sich gegenseitig steigern, in einem fruchtbaren
Spannungsverhältnis stehen, sich nicht überlagern und
dissonierend gegeneinander geführt sind. Farbe und Relief
stehen zueinander nicht etwa wie Hintergrund zu Form. Die gesamte
Bildoberfläche wird von dem Relief ergriffen, die Farbe ist
unlösbar mit der plastischen Oberfläche verbunden, sie
steigert, aktiviert und variiert die Hebungen und Senkungen der
Bildhaut, die verschiedenartigen Strukturen, die in die Oberfläche
eingebettet sind. Die Farbe bewirkt vor allem auch die räumliche
Erscheinung dieser Bilder, sie steigert die raumbildende Kraft
weit über die Tiefenerstreckung des Reliefs hinaus.
Eine eigentümliche Tektonik herrscht in allen Bildern von
Theo Kerg, die sie von ihrem Wesen her der Architektur nahe bringt.
Seine Bilder verbinden sich leicht mit der Wand, da sie nach Gefüge
und Oberflächenerscheinung mit ihr verwandt sind. Folgerichtig
musste der Künstler zur Gestaltung von ganzen Wänden
gelangen. Hier liegen vielleicht die bedeutendsten Ergebnisse seiner
letzten Jahre. Die Rhythmik und Tektonik seiner Bilder auf die
Wand zu übertragen, Ihr eine lebendige Ordnung zu geben, fern
von dem starren Koordinatensystem der Reissbrett-Architektur in
der Nachfolge des Bauhauses, war sein Ziel. Die Beton-Glaswände,
durchlöcherte Beton-Waben mit Baccara-Glasplatten geschlossen,
setzen seine Bilder ins Architektonische um. Die Glasscheiben umgeben
Rahmenformen von verschiedener Höhenlage, sie selber sind
von unterschiedlicher Grösse und Form, so dass sich ein höchst
lebendiges Spiel der Wandoberfläche und Ihrer rhythmischen
Gliederung ergibt. Die Schliessung einzelner Waben durch Betonplatten
ermöglicht eine ganz irrationale Aufteilung von geöffneten
und geschlossenen Wandfeldern.
In den letzten Jahren ging Theo Kerg dazu über, Schriftzeichen
und Texte in seinen Bildern zu verweben, nicht sinnlose Zeichen,
die nur spurenhaft Geschriebenes andeuten, sondern durchaus entzifferbare
Texte, die in einem ablesbaren Zusammenhang mit seiner Bilderwelt
stehen. Farbe, Tektonik, Rhythmik und Struktur der Oberfläche
ergeben ein optisches Gebilde, das der eingeschriebene Text dichterisch
konkretisiert. Immer wieder wird man sich vor Kergs Bildern die
Frage nach dem Inhalt stellen. So wenig sie Natur abbilden, so
sehr sind sie doch durch ihre Strukturen der Natur gleichnishaft
verbunden. Kosmische Weite wie allern?chste Nähe verbinden
sich in ihnen auf geheimnisvolle Weise. Strukturen von Gebirgen
und planetarischen Oberflächen, von Gestein und Fels, von
Sand und Rinde sind in sie eingegangen. Immer aber scheint mir
Materie, so konkret sie auch auftritt, ins Dichterische verklärt,
das Materielle in das Reich der Phantasie erhoben und das Einzelne
als Gleichnis des Allgemeinen aufgefasst zu sein.
Dr. Heinrich Hahne, Wuppertal
Einführung zur Eröffnung des Museums Theo Kerg am
09.04.1989 in Schriesheim
I ch sollte über Bilder nur als über
Bilder sprechen; doch da die Bilder von Theo Kerg im Grund und
auf besondere Weise Lebensbilder sind, beziehe ich das Leben des ü¸nstlers,
wenn auch nur nach Art einer Hinführung, Für einen Augenblick
mit die Überlegungen ein.
Uber ihren objektiven, also künstlerisch-meisterlichen Rang
hinaus, sind die in der Sammlung vertretenen Arbeiten auch Zeugnisse
eines rastlos tätigen Mannes. Weder im äusseren Sinne,
im Sinne der Pause oder Ausspannung, noch im Sinne einer Werkgenügsamkeit,
im Sinne also einer Stilausprägung bis zur Selbstwiederholung
oder gar zur Routine, in keinem Sinne also hat sich unser Freund
eine Fermate, nicht einmal die Zeit zu einer Lebensernte gegönnt.
Diese Feststellung bewegt, aber sie beunruhigt auch und erregt
Besorgnis; denn die menschlichen Kräfte, sollte man meinen,
sind begrenzt. Gewiss, das weiss auch er. Dennoch scheint er sie
und sich in der Arbeit am Werk nicht zu schonen. Wie auch immer,
in diesen Jahrzehnten massloser, unkritischer, also naiver Selbstansprüche,
bei oft mässigem Talent und noch mässigerer Anstrengung,
ist ein künstlerisches Werk von solcher Vielfalt, solcher
Ausdruckskraft und Dauer zugleich das schöpferische Dokument
eines selbstverantwortlichen Lebens.
Uns verbindet eine dreissigjährige Freundschaft. Und ihr
entspricht eine ausdauernde Auseinandersetzung mit seinem Werk.Von
den unvergleichlichen Tafeln der fünfziger Jahre mit ihren
leuchtenden Schwerpunkten nächtlicher Bahnhofslichter führt
der Weg zu den aufgerauhten Oberflächen der Materialbilder
und zu den Vertiefungen oder Beschädigungen des Bilduntergrundes.
So wird diese Malerei plastisch, geht in Stelen oder Blöcke über
und wird dann zu einem Element der Architektur. Doch da sie ihre
Herkunft aus der Farbe, zwar zeitweise etwas überspielt, letztlich
aber nicht verleugnen kann, gewährt sie selbst in der Wand
noch dem Licht wieder Durchgang. In der Einheit aus Glasblöcken
und Farbe, in ihren dichten Farbfenstern also, hat die Raumkunst
Theo Kergs in der Friedhofhalle von Mannheim, der neuen Kirche
von Fetschenhof-Cents/Luxemburg einen ebenso eindrucksvollen wie
folgerichtigen Höhepunkt gefunden.
Diesen Zusammenhang durch die Jahrzehnte sollte man sich vor Augen
halten, wenn man vor diesem Werk steht. Man sollte das Mannigfache
des künstlerischen Instrumentariums beachten, nicht nur die
verhaltene Vielfalt der Farben, sondern auch das handwerklich gehandhabte
Material bis hin zu der freigelegten und zerfetzten Leinwand mancher
Objekte; man sollte aber meines Erachtens (und darin weiche ich
von manchen Werkdeutern und vielleicht auch von der Auffassung
Kergs selbst ab), man sollte in solchen Bildeigenarten nicht oder
nicht vorweg nach soziologisierenden, überhaupt nach ideologischen
oder philosophischen Anspielungen suchen, sollte eine mögliche
Kritik an unserer Zeit und unseren Zeitverhältnissen auf sich
beruhen lassen, sollte also nicht von der Brüchigkeit der
Welt und des Lebens, von Angst und Bedrängnis, sondern nur
von der Kunst dieser Kunst sprechen. Es wäre für diese
Bilder zu anspruchslos, wollte man sie aus sich selbst heraus in
andere Bereiche überführen. Es entspräche den ambitionierten
Versuchen jener, die den Mangel an Kunst durch ausserkünstlerische
Spekulationen aufwiegen. Statt also von Zeit und Welt zu reden,
wird man nicht zuletzt auf das helle, so behutsame und lärmferne
Blau zugehen, sich auf seine kühle Mystik einlassen und es
so in die Betrachtung wie vor allem in die Wertschätzung aufnehmen.
Nicht nur, dass diese Farbe von jeher im Werk Theo Kergs eine beständige
Rolle spielt, sie ist für seine Arbeiten auch von wesentlicher
Bedeutung.
Ihm entspricht das dunkel glühende Rot, das, wenngleich am
anderen Ende der Farbenskala, aus einer vergleichbaren Passion
wie das Blau wirkt. Seine Glut wird durch Einritzungen im Bildmaterial
oder durch pastose Verdichtungen räumlich, und in die Furchen
oder Materialtäler flüchten sich, wenn ein Lichteinfall
sie streift, die Schatten der Bilder.
Rücknahme und Konzentration der künstlerischen Kräfte
zugleich charakterisieren die Prägedrucke, die, nach einem
eigenen Verfahren entwickelt, einen wesentlichen Teil in diesem
Gesamtwerk ausmachen. In ihrer bald trockenen, bald schimmernden
Farblosigkeit illusionieren sie nicht selten die bläuliche
Kälte des arktischen Eismeeres.
Natürlich ist von Gegenständlichem nirgendwo die Rede,
gehört doch die Ungegenständlichkeit zu den grossen und
wohl dauernden Errungenschaften in der Kunst dieses Jahrhunderts.
Sie macht keine Anleihen bei der Aussenwelt und deren Ansprüche.
Auch hier ist die Kunst ihr eigener Gegenstand. Und wenn seit den
fünfziger Jahren Buchstaben auf der Bildfläche einen
begrifflichen, meistens verschlüsselten Sinn andeuten und
also doch Sinnbezügliches ins Spiel bringe, so sind und bleiben
sie vorweg Elemente des Bildaufbaues, die noch diesseits von Sinn
und Begriff unmittelbar einleuchten. Als Bildstrukturen und als
Sinnzeichen zugleich, beziehen sie sich wechselseitig aufeinander.
In ihrer inneren Bewegung, in ihrer ambivalenten, schwebenden Offenheit,
in diesem lebendigen Verzicht auf das Eindeutige und Endgültige
sind sie bezeichnen für die Kunst Theo Kergs überhaupt.
Man sollte aber vor allem die kleineren Formate nicht übersehen,
Montagen wie aus Bruchstücken früherer Materialbilder.
In ihrer farbigen Griffigkeit, ihrer spröden Oberfläche
und ihrer harten Konturierung sind sie Preziosen. In ihrer inneren,
spirituellen Leichtigkeit, in ihrer bewegten Stille und ihrem undogmatischen
Dasein bezeugen sie zugleich eine Gesinnung, die das gemeinsame
Leben erhöht.
(Auszug: Katalog Museum Theo Kerg)
Prof. Dr. Hans A. Halbey - Ehemaliger Direktor des Klingspor-
Museums, Offenbach und des Gutenberg-M |