Theo Kerg theokerg kerg

Theo Kerg


Theo Kerg, theokerg, kergtheo, kerg, theo

Theo Kerg

Avec une maîtrise totale il donne à la fois l'essence et le détail sans jamais être lourd, ni brutal, ni guindé.

Art Nouveau, 1947 - Robert Vrinat

Il est rare de trouver une interprétation aussi originale du paysage. Theo Kerg cherche les grands rythmes verticaux et horizontaux d'une ville, anime cette solide architecture de masse flamboyante de telle sorte que la planche fait bloc, gagne une unité très vivante. Le désir de composer le hante indubitablement. Et il dresse sur le papier un puissant réseau de lignes et de lumières, qui confère à l'oeuvre sa solidité particulière qui se dégage de la ville.

Arts, 1947 - P. Descargues

Theo Kerg a cherché la synthèse des lignes architecturales en les dépouillant de toute contingence ambiante et il a réussi les plus curieux tableaux linéaires, d'où se dégage la signification graphique d'une cité. Ainsi chacune nous apparaît avec une âme spéciale exprimée par le trait habile de l'artiste, commentée par une phrase lapidaire qui répond, en la résumant, à l'impression ressentie. Par exemple, l'Etreinte des Ruelles précise exactement le sentiment éprouvé en face de cette marée de toits mosaïqués de tuiles, dominant le gouffre sombre des boyaux serpentant entre des masures bancales. Theo Kerg appelle cela Interférence. C'est aussi à travers l'entrebloc compliqué d'une grille qu'il fait apparaître comme voilée de lointaines et pittoresques architectures de Fribourg, et il écrit dessous : Dentelle Architecturale. Partout il cherche la ligne dont le développement se déroule en une belle harmonie parfaitement équilibrée, tant au point de vue du trait qu'à celui des valeurs d'ombre et de lumière, que son remarquable talent sait rendre si colorées par la savante opposition des blancs et des noirs.

Revue française de l'Elite, 1947 - P. Mornand

Theo Kerg est, sans conteste actuellement " le peintre de la ville ", celui qui sait le mieux saisir la rigueur d'une architecture, le baroque d'un paysage, l'étale d'un fleuve au long d'un quai, discipliner ces éléments et en faire un portrait psychologique et esthétique. Passant des villes suisses de Bâle, Berne ou Fribourg à Paris, il est amené à transformer inconsciemment son émotivité à y ajouter une pointe de tendresse. Cette transformation se remarque dans l'emploi des noirs et des blancs beaucoup moins contrastés dès qu'il s'agit d'un quai de la Seine, d'une église parisienne, que s'il s'agissait des toits de Fribourg. Mais ce sont là bien des subtilités. Theo Kerg expose des lithographies impeccables. L'ombre de Notre-Dame de Paris se détache sur le fleuve qui la cerne ; le quai aux Fleurs s'illumine de soleil, une nouvelle fois le paysage parisien se restitue à nous avec la tendresse captieuse et c'est toujours le même envoûtement. Theo Kerg (et là je cite son préfacier, notre ami Diehl) donne à son oeuvre la meilleure chance, celle de vivre pleinement avec son temps tout en paraissant s'en détacher par les divers sujets qu'il a traités selon leur éternelle présence.

Opéra, 1947 - Jean Bouret

Déchiffrer comme le fait Theo Kerg, toute la face du monde extérieur pour en nourrir le canevas impérieux aux cent mailles pressées de son univers intérieur. Orchestrer la sensation de l'espace, la lumière et l'esprit dans ce réseau tendu et dense. Détruire en partie forme et contour pour mieux retrouver la pulsation même du rythme vivant, constructeur, qui se développe de proche en proche au sein d'un subtil morcellement coloré. N'est-ce pas là une tentative qui mérite qu'on y prête attention.

Introduction à la préface..., 1947 - Gaston Diehl

Parti de l'abstraction, ou plutôt de ce que l'on a coutume d'appeler ainsi, Kerg a compris que l'art pour l'art, le jeu esthétique sont vides lorsque l'homme est absent. La présence humaine, qui seule donne un sens au plaisir plastique, qui le multiplie et l'enrichit, lui est donc devenue indispensable. Ce qui est plus particulier à Kerg, c'est l'exceptionnelle qualité de son oeuvre. L'ensemble de gouaches, dessins à la plume ou au crayon, lithographies, toiles... présenté par la Galerie Bellechasse, révèle un artiste qui, sans doute parce que ses dons plastiques et son besoin d'expression se sont rejoints, donnent l'impression d'arriver à une période d'épanouissement. Kerg organise avec un sens musical évident les rythmes du tableau : verticales et horizontales, droites et courbes se répondent ; le jeu et la variation de la couleur donnent aux gouaches et aux toiles un charme extrême. Mais ce ne sont là, pour Kerg, que moyens de fixer la sensibilité, de l'écouter, de l'exprimer. Tartanes et lamparos, remmailleuses, Catalanes, hommes traînant des filets, nuit sur la Seine... sont traités avec un égal souci de la plastique et du contenu humain. Ainsi, sans se séparer de sa génération, Kerg peut vivre sa propre aventure et avoir une originalité très accusée.

Les Lettres françaises, 1949 - Jean-Pierre

J'ai connu Theo Kerg au moment de son arrivée à Paris lorsqu'il avait derrière lui déjà un beau bagage de science graphique. On ne pouvait savoir à ce moment qu'elle serait son orientation picturale, ni qu'il transformerait le ciel en le simplifiant à des lignes rigoureuses et, pourtant, harmonieuses. L'exposition que Theo Kerg présente aujourd'hui est fort complète. Beaucoup de paysages du midi, des barques de Collioure, des ports montrent comment Theo Kerg sait jouer avec l'architecture et la lumière. Certaines gouaches d'intérieur sont tellement transparentes qu'on y sent la traduction fidèle d'un climat harmonieux. Mais beaucoup plus que tout cela compte le fait que Theo Kerg, après quatre ans de Paris, a assimilé totalement une façon de voir, de respirer et de sentir en peintre par le simple canal du tempérament et de la technique. Il a été amené à faire la seule peinture qu'on puisse faire, celle qui allie sensibilité et raison, quels que soient l'école ou le genre. Peut-être y était-il déjà prédisposé, mais c'est un des faits qui nous étonne toujours et qui nous plait de voir, un peintre naître dans l'Ecole de Paris et prendre rang avec les meilleurs, par une grâce d'état de mystérieuse essence... Kerg devient de plus en plus un élément intéressant en ce sens qu'il commence une nouvelle synthèse entre figuratif et non-figuratif et qu'il l'appuie avec de belles couleurs et une science du dessin rare qui le classent dans les tout premiers.

Arts, 1950 -Jean Bouret

Dès que l'on pousse la porte donnant de plain-pied sur l'exposition de Theo Kerg, on subit l'enchantement de ses couleurs, enchantement qui réside dans la sérieuse technique transmise par le maître Paul Klee, reprenant les procédés des artistes de la Renaissance, en particulier le broyage personnel des couleurs. Mais Theo Kerg n'est pas seulement un coloriste magistral. Il a voulu faire la synthèse des grands courants de la peinture en ces cinquante dernières années : impressionnisme, fauvisme, cubisme, abstraction. Maintenant il poursuit son chemin propre, indépendamment des groupes exprimant son rêve intérieur avec la richesse et la sûreté de moyens de celui dont les recherches ont abouti. Tout le travail accompli depuis sa sortie de l'Ecole des Beaux-Arts jusqu'à sa première exposition parisienne en 1947, n'a été pour lui que préparation et mûrissement. Depuis, il s'est affirmé par ses lithographies, ses gouaches, ses dessins, ses huiles enfin, que nous voyons aujourd'hui et qui nous séduisent par la qualité architecturale de leur composition, la poésie de leur rythme et la saine fraîcheur de leur émotion.

Réforme, 1950 - Françoise Reiss

Theo Kerg, comme la plupart des peintres, est parti d'une conception picturale qui devait beaucoup à ses aînés, jusqu'à s'apercevoir qu'il fallait, non certes les nier, mais les prolonger. Il y eut là un grand silence, c'est-à-dire que Kerg cessa de peindre et procéda à une réflexion sur son oeuvre propre, sur celles qui l'avaient précédée, sur la peinture elle-même. Et nous arrivons aujourd'hui à cette exposition de la Galerie Bellechasse, à cette exposition inspirée de la Douarnenez et de Collioure et qui peut donner à penser. Theo Kerg était préparé à la fois à la sévérité de la peinture et à la liberté de peindre : il a connu Klee à Dusseldorf en 1933, il en fut l'élève et il ne saurait être douteux qu'il doit beaucoup à un tel enseignement. Klee lui a appris que la peinture seule devait compter, c'est-à-dire qu'elle ne devait avoir sa fin qu'en elle-même et qu'il était bon que l'émotion qui peut naître d'une toile ne doive rien à ce qui ne serait pas purement plastique. Kerg a depuis 1932 beaucoup travaillé et c'est de ce travail qu'il nous présente aujourd'hui l'aboutissement : le peintre est maître de ses techniques, il ne saurait plus hésiter, il ne fait que ce qu'il pense devoir faire. L'oeuvre de Kerg ne saurait en effet s'expliquer qu'en fonction de deux domaines qu'on a toujours voulu appeler la peinture représentative et elle est déjà au-delà, dans la mesure où la représentation - ici des voiles, des navires, des filets de pêche ou des figures de marins - n'est plus qu'un prétexte à l'organisation de la toile.

Combat, 1950 - G. Marester

La position en art pictural de Theo Kerg est peut-être une des plus stables dans l'avenir. Il a fui la représentation figurative et évite l'abstraction. Il interprète, mais suggère ce qui l'écarte des complications cérébrales. Plastique avant tout, coloriste pour exprimer la joie de regarder, architecte pour nous l'assurer stable et durable...

Provençal de Marseille, 1950 - A. de Falgairolle

Lorsqu'on voit une exposition qui se tient comme celle de Theo Kerg, on s'aperçoit qu'on n'a que peu de choses à dire lorsqu'il s'agit de vraie peinture et que les mots ne sont pas seulement inutiles mais gênants. Voilà un garçon arrivé depuis peu à Paris, cinq ans environ, muni d'un bagage classique, c'est-à-dire de dessin, de sens des compositions et des techniques de la couleur. Il s'est adonné à un art très calme, une mise en page tranquille et s'est rendu compte que faisant ainsi il ne pouvait tout exprimer de ce qu'il ressentait. Le voilà donc fait une longue étude des tendances. Beaucoup à sa place se seraient jetés par réaction dans un purisme ou une abstraction totale. Or, il est prudent et il voit l'écueil. Il se contente donc, au fur et à mesure qu'il peint, de chercher une simplification des plans. Il y parvient à force de dessin, reprenant vingt fois le même thème, étageant ses lumières, les imbriquant. Aujourd'hui sur le thème de la mer, Theo Kerg donne des toiles extrêmement abouties par lesquelles il révèle ses qualités, dont la première est peut-être d'être un coloriste somptueux. La qualité de ses bleus et de ses rouges est étonnante par l'éclat et la résonance. Les compositions avec les barques et les filets sont d'une rigueur plaisante, on sent y circuler l'air marin de Valéry, l'air marin faiseur de sel et de miracles. Theo Kerg, parmi la jeune génération, occupe un bastion important, celui qui fait la frontière entre le figuratif et l'abstrait. Il dépend de lui que nous allions, lors d'une prochaine exposition dans un monde ou dans l'autre. Ses qualités seules en décideront, mais je crois que le côté humain qui le hante le sauvera du gratuit où vont les autres.

Arts, 1951 - J. Bouret

En plus chaque oeuvre nouvelle de Theo Kerg est, malgré les dimensions souvent restreintes, un pas vers l'art mural, celui qui le préoccupe depuis toujours, celui qui scande et enchante le mur de grands rythmes de lignes de couleurs et de plans transparents sans le percer. Nous voici à un état d'équilibre, à un palier, à l'aurore d'un nouveau départ. Nous connaissons maintenant la nature de l'évolution de Kerg, qui bien plus que d'une courbe géométrique se rapproche d'un arbre aux branches nombreuses et touffues, qui accompagnent sa croissance pyramidale sans l'entraver, bien au contraire. Il faut ici insister sur un point : en 1932, Kerg fut l'élève de Paul Klee. L'exemple de cet artiste unique, les leçons du maître incomparable, trouvèrent en lui un terrain d'élection. Sans amoindrir sa sensibilité, il apprit à mettre en évidence sa construction statique d'un ensemble dynamique ; il s'exerça à la longue patience de l'approbation des hasards dans l'oeuvre d'art, par une action de plus en plus volontaire, par une organisation sans cesse plus rigoureuse ; il lui dut aussi de sauvegarder son goût plastique, son amour de la matière. Tout cela explique qu'aujourd'hui l'oeuvre de Kerg force l'attention. Par sa singularité, sa richesse et son unité elle s'impose à une place éminente dans l'art contemporain. C'est en toute sérénité que nous la verrons croître et s'étendre. Une oeuvre n'est jamais achevée, un artiste véritable ne saurait cesser de progresser. Mais Theo Kerg cesserait-il de peindre qu'il aurait déjà apporté à l'humanité un témoignage d'homme et d'artiste, et une source de joie pour l'avenir.

Conclusion à une étude sur le peintre, 1950 - Robert Vrinat

Il faut savoir garder un regard neuf, toujours dispos, pour, en n'importe quel temps, savoir reconnaître l'oeuvre d'un artiste authentique que la vogue n'a pas encore dégagé de sa gangue de solitude. Nous sommes nombreux qui, inquiets et heureux à la fois, attendons les manifestations successives du talent de Theo Kerg. Lors du dernier Salon des Indépendants, ses deux toiles le plaçaient bien au-delà des autres peintres, en dehors de toute banalité, près des maîtres.
...Theo Kerg, voilà un nom à retenir !

Journal de Genève, 1951 - E. Fabre

L'oeuvre originale et forte de Theo Kerg, un jeune peintre qui, depuis sa première exposition, en 1949, n'a cessé de voir grandir sa réputation.

L'Echo d'Oran, 1951 - J.-L. Audin

Theo Kerg, peintre magnifique, savant et subtil à la fois.

Le Peintre, 1951 - J. Chabanon

Il n'y a plus à découvrir Theo Kerg que couronna, l'été dernier, un grand jury italien et dont l'art est apprécié en maints pays. Son exposition chez Drouant David confirme sans réserve la maîtrise à laquelle parvient cet artiste de robuste formation classique, qui transporte et stylise jusqu'aux approches de l'abstrait ses sujets de prédilection. Une science rare du rythme dans la composition, la possession d'une palette où vibrent des bleus, des terres, des jaunes aux chaleurs d'émaux dotent son oeuvre d'une personnalité et d'une force suggestive hors série.

Libération, 1952 - Guy Dornand

Depuis plusieurs années Kerg avait travaillé avec acharnement, et à quelques reprises seulement, hormis les salons, avait manifesté les étapes de son évolution. Nous avons enfin, avec cet ensemble qui porte sur trois ans de peinture, une vue large à la fois sur une période assez longue, et sur la multiplicité de ses expériences comme sur la diversité de son inspiration. Et cela confirme avec éclat la haute qualité plastique de cette oeuvre, l'élégance et la sûreté de sa composition, la richesse et l'harmonie de sa palette, la poésie de l'atmosphère, la saveur toujours nouvelle des techniques les plus variées, maniées avec une habile maîtrise. Il est impossible, chez Kerg, de reconnaître la prééminence d'un élément. Encore que la matière, étudiée et travaillée avec passion, donne des effets de transparence, de matité, de graisse, de sécheresse à son gré, on ne peut lui sacrifier le rythme, toujours impeccable et personnel, ou le dessin, tantôt souligné en large trait fondu dans les glacis, tantôt suggéré par la juxtaposition de surfaces très individualisées malgré leur intégration totale à l'ensemble. Des plus petites aux plus grandes, ses toiles offrent le même caractère de densité uniforme, de solidité, d'équilibre, de séduction. Il reste fidèle à son rêve de synthèse entre l'expression des grands rythmes, des schémas expressifs, et la qualité plastique d'un détail représentatif dont il ne peut ni ne veut ignorer la valeur. Perpétuel aboutissement et perpétuel départ, l'oeuvre de Kerg reste constamment homogène, et cependant ne se repose jamais sur un palier possible. Elle se dessine plus encore dans la simultanéité des manifestations que dans un déroulement chronologique. C'est le fait des artistes qui ne veulent rien sacrifier, et ont assez de puissance et d'envergure pour tout embrasser sans mal étreindre.

Actualité artistique internationale, 1952 - Robert Vrinat

Theo Kerg est l'un des peintres de la nouvelle Ecole de Paris qui a marché à grands pas et su en peu de temps acquérir une maîtrise qu'il est aisé de reconnaître dans l'exposition qu'il donne actuellement. Les toiles, si j'excepte trois oeuvres consacrées à Notre-Dame de Paris et une vue du Pont Mirabeau d'un raffinement exquis, ont été conçues en Bretagne, dans la région de Douarnenez, d'où la raison de leur tonalité. Elles ont gardé une référence au réel dans la mesure où l'on reconnaît barques de pêche et filets séchant, mais cependant l'interprétation du peintre dépasse le cadre de la reproduction fidèle pour arriver à une écriture purement plastique de lignes de force et à une transposition colorée des volumes sonores. L'exposition a grande allure. Je dirais plus, elle a de la race.

Arts, 1952 - Jean Bouret

Kerg est un de ces peintres trop rares, en qui on peut mettre son espoir d'un renouveau pictural.

Echo d'Oran, 1952 - Jean-Louis Audin

Les gouaches de Theo Kerg ne sont pas des gouaches. Ce sont des tableaux à la gouache. Se servant de toutes les ressources de ce matériau, ressources inconnues jusqu'alors, il conduit la matière, provoque des surprises, là fluides, ici solides. Il innove. Mieux, il crée. La gouache a toujours permis des oeuvres ou préparatoires ou de verve, ou éclatantes. Ici ce sont des oeuvres complètes. Et peintes magnifiquement. Ces morceaux choisis, différents d'harmonie, de construction, d'éclat, conduisent l'amateur dans un monde féerique plus vrai que nature. Exposition qui marque une étape victorieuse dans l'art de Theo Kerg, un des sommets de sa génération.

Le Peintre, 1952 - J. Chabanoon

L'art de Theo Kerg, exposé à la Galerie Georges de Braux (à Philadelphie), a à la fois une base visuelle et émotionnelle. Il est intense et vibrant. Il a un but et une unité. Malheureusement ces oeuvres ont peu de chance de revoir la France où presque personne ne les avait vues. Mais les gouaches qui vont à Anvers reviendront probablement - pour quelques-unes du moins - et elles font partie d'une série que Kerg n'a pas interrompue. Il y retrouve, transforme, enrichit son inspiration picturale, à base de rythme tant linéaire formel que chromatique ; et là cet art tout de mesure, de justesse, de subtilité s'épanouit dans son atmosphère optima. Il y élargit en outre la technique courante de la gouache : matière de composition nouvelle (c'est-à-dire souvent réadaptation de procédés anciens), usage à la fois réfléchi et audacieux, donnent une richesse d'effets de transparences, d'épaisseur, de légèreté, qui font de cette période de la production de Kerg un langage renouvelé, original, que beaucoup auront intérêt à entendre. Philadelphie et Anvers reçoivent Theo Kerg.

L'Actualité artistique internationale, 1953

Estimé et maître de son talent, Theo Kerg prend désormais place parmi les maîtres de l'art contemporain. L'exposition de ses dernières oeuvres est symptomatique à cet égard, De la puissante couleur naissent des formes qui sont comme des pôles d'attraction. Après avoir pris le bleu comme dominante de ces formes Theo Kerg recherche à présent l'éclatement de l'or, " La Terrasse fleurie " est fleurie d'or et accuse cette puissance nouvelle qui s'exprime avec une finesse plus apaisée et des tons plus rares dans la " Grande Raie " ou " Un soir sur la Seine " où apparaissent des mâts verts, ou bien encore dans ces " Transparences " où abondent les solides et généreuses qualités de Theo Kerg qui font que l'univers est proche. Proche est la digue, le sable, une voiture, dans leur propre univers. Chaque oeuvre de Kerg, en ocre, en noir, ou sienne, ou or, est un grand carreau poétique.

Tribune des Nations, 1954 - S. Tenand

Theo Kerg a bien assuré sa marche depuis sa première exposition, il y a sept ans. Nul ne sait aussi agréablement, aussi exactement, répondre à certaines demandes de la sensibilité d'aujourd'hui. Venu à Paris par Dusseldorf, Kerg a jusque dans le traitement matériel de la toile, dans les épaisseurs, les transparences et les vernis un sérieux qui est une marque de fabrique : sa grande Marchande de Poissons laisse flotter les yeux sur des voiles superposés, des écrans ocres, blancs, qui vibrent doucement. Venu à la peinture par la litho, Kerg enveloppe toujours franchement le motif, le pose sur un champ bleu de nuit ou rouge, dont les vibrations traversent tout : fenêtres, appareils enchevêtrés des ports, les maisons du charmant. Soir sur la Seine. La dissociation n'est pas poussée jusqu'à ce point de chute dans l'inarticulé, le spectacle est tout de signes et de couleurs mitonnés avec tous les ingrédients rayures, noirs, jaunes, qui le rendent savoureux et doux. C'est cette cohésion qui séduit et justifie le succès du peintre.

Le Monde, 1954 - André Chastel

Une toile de Theo Kerg n'est pas un monde fermé auquel le spectateur ne peut avoir accès qu'à condition d'accepter ses lois, Léonard de Vinci découvrait dans les lézardes des murs, les traits de paysages maritimes ou alpestres. Theo Kerg n'impose pas de limites à nos facultés de perception et d'interprétation. Nous sommes libres de traduire ses tableaux selon notre bon plaisir. Nous pouvons déchiffrer un motif soigneusement caché. Nous pouvons, si nous sommes réceptifs, en subir l'envoûtement. Nous pouvons abolir les frontières entre la fiction et la réalité et substituer à l'argument du peintre, nos illuminations, nos songes et nos mirages. Cette liberté laissée au spectateur qui cesse d'être un médium pour devenir un interlocuteur et un témoin actif, ouvre à l'art de très vastes perspectives.
Bien qu'il ait renouvelé son registre, Theo Kerg reste un peintre de nocturnes et de clartés lunaires. Le large diapason de ses bleus, s'étend de l 'Outremer (du Lapis-Lazzuli) à l'azur. Mais il aime aussi les tons ambrés, les ors et l'écaille blonde. Les roses de son " Marché Méditerranéen " (peinture ayant figuré à son exposition de 1954 à la Galerie Bellechasse) sont des coraux broyés. Une peinture comme la sienne peut être assimilée à une musique de chambre. Un tableau, tel qu'il le conçoit n'est pas une projection de l'univers physique. C'est un pur objet de poésie.

Art-Documents, 1954 - Waldemar George

Le grand souci - l'unique souci - du peintre est de restituer, par des moyens uniquement plastiques, les émotions ressenties, une connaissance étonnante de procédés techniques de son art; une probité qui ne se dément dans aucune oeuvre ; une vision lucide à l'affût du sens caché des choses, telles sont les valeurs qui font de Theo Kerg un peintre d'une exceptionnelle qualité.
Les années à venir permettront à cet artiste qui s'impose déjà avec tant de force tant en Europe qu'en Amérique, de s'affirmer comme un des peintres les plus prestigieux de notre temps.

Art-Documents, 1954 - Gaudfernau

 

  Retour vers "presse"

Zurück zum Seitenanfang - Retour en début de page