Theo Kerg 1909 - 1993
Presse, The Press, Pressestimmen
Presse Francaise
Avec une maîtrise totale il donne à la
fois l'essence et le détail sans jamais être lourd,
ni brutal, ni guindé.
Art Nouveau, 1947 - Robert Vrinat
Il est rare de trouver une interprétation
aussi originale du paysage. Theo Kerg cherche les grands rythmes
verticaux et horizontaux d'une ville, anime cette solide architecture
de masse flamboyante de telle sorte que la planche fait bloc, gagne
une unité très vivante. Le désir de composer
le hante indubitablement. Et il dresse sur le papier un puissant
réseau de lignes et de lumières, qui confère à l'oeuvre
sa solidité particulière qui se dégage de
la ville.
Arts, 1947 - P. Descargues
Theo Kerg a cherché la synthèse
des lignes architecturales en les dépouillant de toute contingence
ambiante et il a réussi les plus curieux tableaux linéaires,
d'où se
dégage la signification graphique d'une cité. Ainsi
chacune nous apparaît avec une âme spéciale
exprimée par le trait habile de l'artiste, commentée
par une phrase lapidaire qui répond, en la résumant, à l'impression
ressentie. Par exemple, l'Etreinte des Ruelles précise exactement
le sentiment éprouvé en face de cette marée
de toits mosaïqués de tuiles, dominant le gouffre sombre
des boyaux serpentant entre des masures bancales. Theo Kerg appelle
cela Interférence. C'est aussi à travers l'entrebloc
compliqué d'une grille qu'il fait apparaître comme
voilée de lointaines et pittoresques architectures de Fribourg,
et il écrit dessous : Dentelle Architecturale. Partout il
cherche la ligne dont le développement se déroule
en une belle harmonie parfaitement équilibrée, tant
au point de vue du trait qu'à celui des valeurs d'ombre
et de lumière, que son remarquable talent sait rendre si
colorées par la savante opposition des blancs et des noirs.
Revue française de l'Elite, 1947 - P. Mornand
Theo Kerg est, sans conteste actuellement " le peintre de
la ville ", celui qui sait le mieux saisir la rigueur d'une
architecture, le baroque d'un paysage, l'étale d'un fleuve
au long d'un quai, discipliner ces éléments et en
faire un portrait psychologique et esthétique. Passant des
villes suisses de Bâle, Berne ou Fribourg à Paris,
il est amené à transformer inconsciemment son émotivité à y
ajouter une pointe de tendresse. Cette transformation se remarque
dans l'emploi des noirs et des blancs beaucoup moins contrastés
dès qu'il s'agit d'un quai de la Seine, d'une église
parisienne, que s'il s'agissait des toits de Fribourg. Mais ce
sont là bien des subtilités. Theo Kerg expose des
lithographies impeccables. L'ombre de Notre-Dame de Paris se détache
sur le fleuve qui la cerne ; le quai aux Fleurs s'illumine de soleil,
une nouvelle fois le paysage parisien se restitue à nous
avec la tendresse captieuse et c'est toujours le même envoûtement.
Theo Kerg (et là je cite son préfacier, notre ami
Diehl) donne à son oeuvre la meilleure chance, celle de vivre
pleinement avec son temps tout en paraissant s'en détacher
par les divers sujets qu'il a traités selon leur éternelle
présence.
Opéra, 1947 - Jean Bouret
Déchiffrer comme le fait Theo Kerg, toute
la face du monde extérieur pour en nourrir le canevas impérieux
aux cent mailles pressées de son univers intérieur.
Orchestrer la sensation de l'espace, la lumière et l'esprit
dans ce réseau tendu et dense. Détruire en partie
forme et contour pour mieux retrouver la pulsation même du
rythme vivant, constructeur, qui se développe de proche
en proche au sein d'un subtil morcellement coloré. N'est-ce
pas là une tentative qui mérite qu'on y prête
attention.
Introduction à la préface..., 1947 - Gaston Diehl
Parti de l'abstraction, ou plutôt de ce
que l'on a coutume d'appeler ainsi, Kerg a compris que l'art pour
l'art, le jeu esthétique sont vides lorsque l'homme est
absent. La présence humaine, qui seule donne un sens au
plaisir plastique, qui le multiplie et l'enrichit, lui est donc
devenue indispensable. Ce qui est plus particulier à Kerg,
c'est l'exceptionnelle qualité de son oeuvre. L'ensemble
de gouaches, dessins à la plume ou au crayon, lithographies,
toiles... présenté par la Galerie Bellechasse, révèle
un artiste qui, sans doute parce que ses dons plastiques et son
besoin d'expression se sont rejoints, donnent l'impression d'arriver à une
période d'épanouissement. Kerg organise avec un sens
musical évident les rythmes du tableau : verticales et horizontales,
droites et courbes se répondent ; le jeu et la variation
de la couleur donnent aux gouaches et aux toiles un charme extrême.
Mais ce ne sont là, pour Kerg, que moyens de fixer la sensibilité,
de l'écouter, de l'exprimer. Tartanes et lamparos, remmailleuses,
Catalanes, hommes traînant des filets, nuit sur la Seine... sont
traités avec un égal souci de la plastique et du
contenu humain. Ainsi, sans se séparer de sa génération,
Kerg peut vivre sa propre aventure et avoir une originalité très
accusée.
Les Lettres françaises, 1949 - Jean-Pierre
J'ai connu Theo Kerg au moment de son arrivée à Paris
lorsqu'il avait derrière lui déjà un beau
bagage de science graphique. On ne pouvait savoir à ce moment
qu'elle serait son orientation picturale, ni qu'il transformerait
le ciel en le simplifiant à des lignes rigoureuses et, pourtant,
harmonieuses. L'exposition que Theo Kerg présente aujourd'hui
est fort complète. Beaucoup de paysages du midi, des barques
de Collioure, des ports montrent comment Theo Kerg sait jouer avec
l'architecture et la lumière. Certaines gouaches d'intérieur
sont tellement transparentes qu'on y sent la traduction fidèle
d'un climat harmonieux. Mais beaucoup plus que tout cela compte
le fait que Theo Kerg, après quatre ans de Paris, a assimilé totalement
une façon de voir, de respirer et de sentir en peintre par
le simple canal du tempérament et de la technique. Il a été amené à faire
la seule peinture qu'on puisse faire, celle qui allie sensibilité et
raison, quels que soient l'école ou le genre. Peut-être
y était-il déjà prédisposé,
mais c'est un des faits qui nous étonne toujours et qui
nous plait de voir, un peintre naître dans l'Ecole de Paris
et prendre rang avec les meilleurs, par une grâce d'état
de mystérieuse essence... Kerg devient de plus en plus un élément
intéressant en ce sens qu'il commence une nouvelle synthèse
entre figuratif et non-figuratif et qu'il l'appuie avec de belles
couleurs et une science du dessin rare qui le classent dans les
tout premiers.
Arts, 1950 -Jean Bouret
Dès que l'on pousse la porte donnant
de plain-pied sur l'exposition de Theo Kerg, on subit l'enchantement
de ses couleurs, enchantement qui réside dans la sérieuse
technique transmise par le maître Paul Klee, reprenant les
procédés des artistes de la Renaissance, en particulier
le broyage personnel des couleurs. Mais Theo Kerg n'est pas seulement
un coloriste magistral. Il a voulu faire la synthèse des
grands courants de la peinture en ces cinquante dernières
années : impressionnisme, fauvisme, cubisme, abstraction.
Maintenant il poursuit son chemin propre, indépendamment
des groupes exprimant son rêve intérieur avec la richesse
et la sûreté de moyens de celui dont les recherches
ont abouti. Tout le travail accompli depuis sa sortie de l'Ecole
des Beaux-Arts jusqu'à sa première exposition parisienne
en 1947, n'a été pour lui que préparation
et mûrissement. Depuis, il s'est affirmé par ses lithographies,
ses gouaches, ses dessins, ses huiles enfin, que nous voyons aujourd'hui
et qui nous séduisent par la qualité architecturale
de leur composition, la poésie de leur rythme et la saine
fraîcheur de leur émotion.
Réforme, 1950 - Françoise Reiss
Theo Kerg, comme la plupart des peintres, est parti d'une conception
picturale qui devait beaucoup à ses aînés,
jusqu'à s'apercevoir qu'il fallait, non certes les nier,
mais les prolonger. Il y eut là un grand silence, c'est-à-dire
que Kerg cessa de peindre et procéda à une réflexion
sur son oeuvre propre, sur celles qui l'avaient précédée,
sur la peinture elle-même. Et nous arrivons aujourd'hui à cette
exposition de la Galerie Bellechasse, à cette exposition
inspirée de la Douarnenez et de Collioure et qui peut donner à penser.
Theo Kerg était préparé à la fois à la
sévérité de la peinture et à la liberté de
peindre : il a connu Klee à Dusseldorf en 1933, il en fut
l'élève et il ne saurait être douteux qu'il
doit beaucoup à un tel enseignement. Klee lui a appris que
la peinture seule devait compter, c'est-à-dire qu'elle ne
devait avoir sa fin qu'en elle-même et qu'il était
bon que l'émotion qui peut naître d'une toile ne doive
rien à ce qui ne serait pas purement plastique. Kerg a depuis
1932 beaucoup travaillé et c'est de ce travail qu'il nous
présente aujourd'hui l'aboutissement : le peintre est maître
de ses techniques, il ne saurait plus hésiter, il ne fait
que ce qu'il pense devoir faire. L'oeuvre de Kerg ne saurait en
effet s'expliquer qu'en fonction de deux domaines qu'on a toujours
voulu appeler la peinture représentative et elle est déjà au-delà,
dans la mesure où la représentation - ici des voiles,
des navires, des filets de pêche ou des figures de marins
- n'est plus qu'un prétexte à l'organisation de la
toile.
Combat, 1950 - G. Marester
La position en art pictural de Theo Kerg est
peut-être une des plus stables dans l'avenir. Il a fui la
représentation figurative et évite l'abstraction.
Il interprète, mais suggère ce qui l'écarte
des complications cérébrales. Plastique avant tout,
coloriste pour exprimer la joie de regarder, architecte pour nous
l'assurer stable et durable...
Provençal de Marseille, 1950 - A. de Falgairolle
Lorsqu'on voit une exposition qui se tient comme
celle de Theo Kerg, on s'aperçoit qu'on n'a que peu de choses à dire
lorsqu'il s'agit de vraie peinture et que les mots ne sont pas
seulement inutiles mais gênants. Voilà un garçon
arrivé depuis peu à Paris, cinq ans environ, muni
d'un bagage classique, c'est-à-dire de dessin, de sens des
compositions et des techniques de la couleur. Il s'est adonné à un
art très calme, une mise en page tranquille et s'est rendu
compte que faisant ainsi il ne pouvait tout exprimer de ce qu'il
ressentait. Le voilà donc fait une longue étude des
tendances. Beaucoup à sa place se seraient jetés
par réaction dans un purisme ou une abstraction totale.
Or, il est prudent et il voit l'écueil. Il se contente donc,
au fur et à mesure qu'il peint, de chercher une simplification
des plans. Il y parvient à force de dessin, reprenant vingt
fois le même thème, étageant ses lumières,
les imbriquant. Aujourd'hui sur le thème de la mer, Theo
Kerg donne des toiles extrêmement abouties par lesquelles
il révèle ses qualités, dont la première
est peut-être d'être un coloriste somptueux. La qualité de
ses bleus et de ses rouges est étonnante par l'éclat
et la résonance. Les compositions avec les barques et les
filets sont d'une rigueur plaisante, on sent y circuler l'air marin
de Valéry, l'air marin faiseur de sel et de miracles. Theo
Kerg, parmi la jeune génération, occupe un bastion
important, celui qui fait la frontière entre le figuratif
et l'abstrait. Il dépend de lui que nous allions, lors d'une
prochaine exposition dans un monde ou dans l'autre. Ses qualités
seules en décideront, mais je crois que le côté humain
qui le hante le sauvera du gratuit où vont les autres.
Arts, 1951 - J. Bouret
En plus chaque oeuvre nouvelle de Theo Kerg est,
malgré les dimensions souvent restreintes, un pas vers l'art
mural, celui qui le préoccupe depuis toujours, celui qui
scande et enchante le mur de grands rythmes de lignes de couleurs
et de plans transparents sans le percer. Nous voici à un état
d'équilibre, à un palier, à l'aurore d'un
nouveau départ. Nous connaissons maintenant la nature de
l'évolution de Kerg, qui bien plus que d'une courbe géométrique
se rapproche d'un arbre aux branches nombreuses et touffues, qui
accompagnent sa croissance pyramidale sans l'entraver, bien au
contraire. Il faut ici insister sur un point : en 1932, Kerg fut
l'élève de Paul Klee. L'exemple de cet artiste unique,
les leçons du maître incomparable, trouvèrent
en lui un terrain d'élection. Sans amoindrir sa sensibilité,
il apprit à mettre en évidence sa construction statique
d'un ensemble dynamique ; il s'exerça à la longue
patience de l'approbation des hasards dans l'oeuvre d'art, par une
action de plus en plus volontaire, par une organisation sans cesse
plus rigoureuse ; il lui dut aussi de sauvegarder son goût
plastique, son amour de la matière. Tout cela explique qu'aujourd'hui
l'oeuvre de Kerg force l'attention. Par sa singularité, sa
richesse et son unité elle s'impose à une place éminente
dans l'art contemporain. C'est en toute sérénité que
nous la verrons croître et s'étendre. Une oeuvre n'est
jamais achevée, un artiste véritable ne saurait cesser
de progresser. Mais Theo Kerg cesserait-il de peindre qu'il aurait
déjà apporté à l'humanité un
témoignage d'homme et d'artiste, et une source de joie pour
l'avenir.
Conclusion à une étude sur le peintre, 1950 - Robert Vrinat
Il faut savoir garder un regard neuf, toujours
dispos, pour, en n'importe quel temps, savoir reconnaître
l'oeuvre d'un artiste authentique que la vogue n'a pas encore dégagé de
sa gangue de solitude. Nous sommes nombreux qui, inquiets et heureux à la
fois, attendons les manifestations successives du talent de Theo
Kerg. Lors du dernier Salon des Indépendants, ses deux toiles
le plaçaient bien au-delà des autres peintres, en
dehors de toute banalité, près des maîtres.
...Theo Kerg, voilà un nom à retenir !
Journal de Genève, 1951 - E. Fabre
L'oeuvre originale et forte de Theo Kerg, un
jeune peintre qui, depuis sa première exposition, en 1949,
n'a cessé de voir grandir sa réputation.
L'Echo d'Oran, 1951 - J.-L. Audin
Theo Kerg, peintre magnifique, savant et subtil à la fois.
Le Peintre, 1951 - J. Chabanon
Il n'y a plus à découvrir Theo
Kerg que couronna, l'été dernier, un grand jury italien
et dont l'art est apprécié en maints pays. Son exposition
chez Drouant David confirme sans réserve la maîtrise à laquelle
parvient cet artiste de robuste formation classique, qui transporte
et stylise jusqu'aux approches de l'abstrait ses sujets de prédilection.
Une science rare du rythme dans la composition, la possession d'une
palette où vibrent des bleus, des terres, des jaunes aux
chaleurs d'émaux dotent son oeuvre d'une personnalité et
d'une force suggestive hors série.
Libération, 1952 - Guy Dornand
Depuis plusieurs années Kerg avait travaillé avec
acharnement, et à quelques reprises seulement, hormis les
salons, avait manifesté les étapes de son évolution.
Nous avons enfin, avec cet ensemble qui porte sur trois ans de
peinture, une vue large à la fois sur une période
assez longue, et sur la multiplicité de ses expériences
comme sur la diversité de son inspiration. Et cela confirme
avec éclat la haute qualité plastique de cette oeuvre,
l'élégance et la sûreté de sa composition,
la richesse et l'harmonie de sa palette, la poésie de l'atmosphère,
la saveur toujours nouvelle des techniques les plus variées,
maniées avec une habile maîtrise. Il est impossible,
chez Kerg, de reconnaître la prééminence d'un élément.
Encore que la matière, étudiée et travaillée
avec passion, donne des effets de transparence, de matité,
de graisse, de sécheresse à son gré, on ne
peut lui sacrifier le rythme, toujours impeccable et personnel,
ou le dessin, tantôt souligné en large trait fondu
dans les glacis, tantôt suggéré par la juxtaposition
de surfaces très individualisées malgré leur
intégration totale à l'ensemble. Des plus petites
aux plus grandes, ses toiles offrent le même caractère
de densité uniforme, de solidité, d'équilibre,
de séduction. Il reste fidèle à son rêve
de synthèse entre l'expression des grands rythmes, des schémas
expressifs, et la qualité plastique d'un détail représentatif
dont il ne peut ni ne veut ignorer la valeur. Perpétuel
aboutissement et perpétuel départ, l'oeuvre de Kerg
reste constamment homogène, et cependant ne se repose jamais
sur un palier possible. Elle se dessine plus encore dans la simultanéité des
manifestations que dans un déroulement chronologique. C'est
le fait des artistes qui ne veulent rien sacrifier, et ont assez
de puissance et d'envergure pour tout embrasser sans mal étreindre.
Actualité artistique internationale, 1952 - Robert Vrinat
Theo Kerg est l'un des peintres de la nouvelle
Ecole de Paris qui a marché à grands pas et su en
peu de temps acquérir
une maîtrise qu'il est aisé de reconnaître dans
l'exposition qu'il donne actuellement. Les toiles, si j'excepte
trois oeuvres consacrées à Notre-Dame de Paris et
une vue du Pont Mirabeau d'un raffinement exquis, ont été conçues
en Bretagne, dans la région de Douarnenez, d'où la
raison de leur tonalité. Elles ont gardé une référence
au réel dans la mesure où l'on reconnaît barques
de pêche et filets séchant, mais cependant l'interprétation
du peintre dépasse le cadre de la reproduction fidèle
pour arriver à une écriture purement plastique de
lignes de force et à une transposition colorée des
volumes sonores. L'exposition a grande allure. Je dirais plus,
elle a de la race.
Arts, 1952 - Jean Bouret
Kerg est un de ces peintres trop rares, en qui
on peut mettre son espoir d'un renouveau pictural.
Echo d'Oran, 1952 - Jean-Louis Audin
Les gouaches de Theo Kerg ne sont pas des gouaches.
Ce sont des tableaux à la gouache. Se servant de toutes
les ressources de ce matériau, ressources inconnues jusqu'alors,
il conduit la matière, provoque des surprises, là fluides,
ici solides. Il innove. Mieux, il crée. La gouache a toujours
permis des oeuvres ou préparatoires ou de verve, ou éclatantes.
Ici ce sont des oeuvres complètes. Et peintes magnifiquement.
Ces morceaux choisis, différents d'harmonie, de construction,
d'éclat, conduisent l'amateur dans un monde féerique
plus vrai que nature. Exposition qui marque une étape victorieuse
dans l'art de Theo Kerg, un des sommets de sa génération.
Le Peintre, 1952 - J. Chabanoon
L'art de Theo Kerg, exposé à la
Galerie Georges de Braux (à Philadelphie), a à la
fois une base visuelle et émotionnelle. Il est intense et
vibrant. Il a un but et une unité. Malheureusement ces oeuvres
ont peu de chance de revoir la France où presque personne
ne les avait vues. Mais les gouaches qui vont à Anvers reviendront
probablement - pour quelques-unes du moins - et elles font partie
d'une série que Kerg n'a pas interrompue. Il y retrouve,
transforme, enrichit son inspiration picturale, à base de
rythme tant linéaire formel que chromatique ; et là cet
art tout de mesure, de justesse, de subtilité s'épanouit
dans son atmosphère optima. Il y élargit en outre
la technique courante de la gouache : matière de composition
nouvelle (c'est-à-dire souvent réadaptation de procédés
anciens), usage à la fois réfléchi et audacieux,
donnent une richesse d'effets de transparences, d'épaisseur,
de légèreté, qui font de cette période
de la production de Kerg un langage renouvelé, original,
que beaucoup auront intérêt à entendre. Philadelphie
et Anvers reçoivent Theo Kerg.
L'Actualité artistique internationale, 1953
Estimé et maître de son talent,
Theo Kerg prend désormais place parmi les maîtres
de l'art contemporain. L'exposition de ses dernières oeuvres
est symptomatique à cet égard, De la puissante couleur
naissent des formes qui sont comme des pôles d'attraction.
Après avoir pris le bleu comme dominante de ces formes Theo
Kerg recherche à présent l'éclatement de l'or, " La
Terrasse fleurie " est fleurie d'or et accuse cette puissance
nouvelle qui s'exprime avec une finesse plus apaisée et
des tons plus rares dans la " Grande Raie " ou " Un
soir sur la Seine " où apparaissent des mâts
verts, ou bien encore dans ces " Transparences " où abondent
les solides et généreuses qualités de Theo
Kerg qui font que l'univers est proche. Proche est la digue, le
sable, une voiture, dans leur propre univers. Chaque oeuvre de Kerg,
en ocre, en noir, ou sienne, ou or, est un grand carreau poétique.
Tribune des Nations, 1954 - S. Tenand
Theo Kerg a bien assuré sa marche depuis sa première
exposition, il y a sept ans. Nul ne sait aussi agréablement,
aussi exactement, répondre à certaines demandes de
la sensibilité d'aujourd'hui. Venu à Paris par Dusseldorf,
Kerg a jusque dans le traitement matériel de la toile, dans
les épaisseurs, les transparences et les vernis un sérieux
qui est une marque de fabrique : sa grande Marchande de Poissons
laisse flotter les yeux sur des voiles superposés, des écrans
ocres, blancs, qui vibrent doucement. Venu à la peinture
par la litho, Kerg enveloppe toujours franchement le motif, le
pose sur un champ bleu de nuit ou rouge, dont les vibrations traversent
tout : fenêtres, appareils enchevêtrés des ports,
les maisons du charmant. Soir sur la Seine. La dissociation n'est
pas poussée jusqu'à ce point de chute dans l'inarticulé,
le spectacle est tout de signes et de couleurs mitonnés
avec tous les ingrédients rayures, noirs, jaunes, qui le
rendent savoureux et doux. C'est cette cohésion qui séduit
et justifie le succès du peintre.
Le Monde, 1954 - André Chastel
Une toile de Theo Kerg n'est pas un monde fermé auquel
le spectateur ne peut avoir accès qu'à condition
d'accepter ses lois, Léonard de Vinci découvrait
dans les lézardes des murs, les traits de paysages maritimes
ou alpestres. Theo Kerg n'impose pas de limites à nos facultés
de perception et d'interprétation. Nous sommes libres de
traduire ses tableaux selon notre bon plaisir. Nous pouvons déchiffrer
un motif soigneusement caché. Nous pouvons, si nous sommes
réceptifs, en subir l'envoûtement. Nous pouvons abolir
les frontières entre la fiction et la réalité et
substituer à l'argument du peintre, nos illuminations, nos
songes et nos mirages. Cette liberté laissée au spectateur
qui cesse d'être un médium pour devenir un interlocuteur
et un témoin actif, ouvre à l'art de très
vastes perspectives.
Bien qu'il ait renouvelé son registre, Theo Kerg reste un peintre de
nocturnes et de clartés lunaires. Le large diapason de ses bleus, s'étend
de l 'Outremer (du Lapis-Lazzuli) à l'azur. Mais il aime aussi les tons
ambrés, les ors et l'écaille blonde. Les roses de son " Marché Méditerranéen " (peinture
ayant figuré à son exposition de 1954 à la Galerie Bellechasse)
sont des coraux broyés. Une peinture comme la sienne peut être
assimilée à une musique de chambre. Un tableau, tel qu'il le
conçoit n'est pas une projection de l'univers physique. C'est un pur
objet de poésie.
Art-Documents, 1954 - Waldemar George
Le grand souci - l'unique souci - du peintre
est de restituer, par des moyens uniquement plastiques, les émotions
ressenties, une connaissance étonnante de procédés
techniques de son art; une probité qui ne se dément
dans aucune oeuvre ; une vision lucide à l'affût du
sens caché des choses, telles sont les valeurs qui font
de Theo Kerg un peintre d'une exceptionnelle qualité.
Les années à venir permettront à cet artiste qui s'impose
déjà avec tant de force tant en Europe qu'en Amérique,
de s'affirmer comme un des peintres les plus prestigieux de notre temps.
Art-Documents, 1954 - Gaudfernau
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